Buzz l’éclair

Il était une fois au pays du web, une star mondialement connue, scintillant de mille feux, dont le nom courrait sur toutes les lèvres, et qui paradait sur une immense voie lactée, aux côtés de ses acolytes, YouTube, Facebook, Twitter. Son truc à elle ? À la simple évocation de son nom, elle vous mettait en émoi, elle rendait les foules hystériques, elle faisait frémir à la vitesse d’une étoile filante la planète web tout entière. Cette buzzmania, toutes les marques en rêvaient. Et pour cause. Elle faisait en quelques minutes ce que tant d’autres ne parvenaient qu’à toucher du doigt après de longues années de labeur, à coup de contenu s pertinents, intéressants et renforcés de mots clefs et de stratégie SEO.

Loin de moi l’idée de vous expliquer comment elle a fait pour en arriver là, la buzzmania. Un coup de chance, le bon timing, un contenu qui suscite l’émotion, le bon partage au bon moment, et puis peut-être un (gros) billet glissé sur Facebook aussi, et hop c’est dans la boîte. Le buzz fait tellement vendre aujourd’hui que certains sites comme Minute Buzz ou Buzz Feed, n’ont pas manqué de s’affubler d’un nom à son honneur.

Entendez-vous les sirènes ? Alors, le clickbait : #teampro ou #teamanti ? #flutteàclics

Une publication partagée par Les Chuchoteuses (@leschuchoteuses) le

Posts et putes à clic

Figurez-vous que la buzzmania a la fâcheuse manie de faire quelques ravages sur son chemin, à la manière d’une météorite raflant sur son passage dame nature, ou plutôt quelques buildings remplis de smartphones. À l’heure où faire le buzz est la consécration cosmique, tout le monde veut s’y mettre, et qu’importe que le contenu soit de qualité. Et donc parfois, peut-être même souvent, il ne l’est pas. Titres tapageurs au contenu pauvre, déceptif, insipide et bourré de fautes d’orthographe, pompé lui-même sur un article tout aussi pauvre et insipide et bourré de fautes d’orthographes.

Le responsable ? Le Clic, Dieu de la galaxie web, et nous-mêmes bien sûr, happés par toutes ces étoiles qui brillent sur nos écrans étincelants. Dans le jargon, on appelle ça le « click bait », ce truc qui vous fait cliquer. Certains le décrient carrément et l’affublent du délicat surnom de « putes à clic ». Dernièrement, certaines pratiques abusives sont même sanctionnées par Facebook, qui voient sur sa plateforme fleurir moult sites qui surfent sur le concept de buzz. Plusieurs pages ont tout simplement été supprimés par le réseau social n°1.

Mais attention, c’est important l’envie de cliquer ! Ne me faites pas dire le contraire. Et heureusement, il y a quelques magnifiques pépites, que dis-je!, météorites qui savent se faire remarquer ! Pensons par exemple à Emma et sa BD sur la charge mentale. Je m’incline ici devant le Clic, sans qui tout cela n’aurait pas été possible.

Mon buzz word préféré ? Notoriété.

Oui, personne ne vous en voudra, et surtout pas moi, de vouloir faire un contenu visible, partageable par le plus grand nombre et a fortiori par vos clients. Mais s’il vous plaît, mettez le buzz de côté et pensez notoriété. Rien de mieux que d’établir une stratégie au long terme, en pensant bien sûr à toutes les composantes essentielles pour la réussite d’un projet : campagne marketing, identité graphique, stratégie de contenu pertinente pour votre cible, présence sur les réseaux, recherche de partenaires, influenceurs, instagrammeurs, relation presse, etc. Là, je suis à peu près sûre de rallier tous les professionnels de la com et du marketing derrière moi, la plupart des buzz ne sont pas dus qu’au simple effet de bouche à oreille sur les réseaux. Sans un peu de budgets pour rendre la campagne visible, il ne se passe pas grand-chose. De plus, quel intérêt de faire un coup de pub, un coup de tonnerre ? Certes, les ventes d’un produit peuvent exploser grâce à un buzz, mais qu’en est-il sur la durée ? L’avantage donc d’une réflexion au long court est qu’elle garantit davantage de vendre sur la durée. Oui, c’est aussi ça la notoriété.

PS : je rends à César ce qui est à César, « Buzz-moi » est avant tout le titre d’une excellente BD, qui, si vous ne l’avez pas encore lu, vaut son pesant de cacahuètes. Idée cadeau de Noël ? Bonne lecture !

Sophie Comte
Sophie Comte
Conteuse numérique
Et si on communiquait autrement ? Je m'attèle à ce projet passionnant, en chuchotant sur le web de ma plume numérique. Egalement cofondatrice des Chuchoteuses, agence de création de contenu.