Un public aux intérêts ciblés

Twitter au quatrième trimestre 2017, compte chaque mois 330 millions d’utilisateurs actifs dans le monde, lesquels publient en moyenne 500 millions de messages quotidiens. Mais, tandis que 80 % des visites se font sur mobile, 44 % des comptes ouverts n’ont jamais rien publié. Il faut dire que le réseau a ses codes, qu’il faut d’abord déchiffrer avant de se lancer.

En France, plus de la moitié des usagers du service de microblogging ont entre 25 et 49 ans et ces derniers se répartissent équitablement entre hommes et femmes, avec une forte proportion (34 %) de CSP+.

Plus qu’un réseau pour commenter les émissions de télé, Twitter porte désormais une image de réseau social plutôt destiné aux professionnels et fait souvent la paire avec LinkedIn. D’un autre côté les internautes de la génération Z (nés après 1995), plébiscitent le réseau au petit oiseau pour son efficacité et sa simplicité dans l’interaction avec leurs marques préférées pour tout ce qui est de l’ordre du SAV notamment. D’ailleurs, en France selon une étude Harris Interactive publiée en 2016, 42 % des utilisateurs suivent une marque en priorité pour échanger avec son service client. Ainsi ils attendent avant tout que leurs enseignes favorites fassent preuve d’empathie (78 %), de réactivité (79 %) et d’authenticité (78 %). La personnalisation des réponses ainsi que la qualité du suivi font également partie des points importants.

Twitter, un modèle efficace ?

Mais alors, Twitter est-il vraiment un outil indispensable aux marques ? La plateforme est-elle incontournable pour les internautes ? Quid des autres réseaux comme Facebook ou Instagram, souverain parmi les souverains en matière de Brand Content ?

Face à lui-même

Nous avons pu le voir, outre sa viralité Twitter constitue un formidable outil pour enrichir la relation clientèle et accroître le potentiel d’un service après-vente. Pourtant, même en 280 caractères et avec la possibilité d’ajouter des visuels, le message peut rapidement se perdre dans la masse d’informations qui déferlent en permanence sur le réseau et dont le tri peut être difficile. Enfin, les utilisateurs reprochent souvent à Twitter un manque de spécificité et de fait, un potentiel d’utilisation trop large qui, s’il convient bien à une partie des internautes, peine à convaincre la majorité.

Face aux autres réseaux sociaux

Quand elles ne répondent pas à leurs clients sur Twitter, les marques sont toujours plus nombreuses à mêler Brand Content et Storytelling, notamment sur Instagram.

En 2017, le réseau voué à l’image représente :

  • 500 millions d’utilisateurs actifs par jour
  • 4,2 milliards de « likes » quotidiens
  • 95 millions de photos et de vidéos postées quotidiennement
  • 32 minutes d’utilisation quotidienne pour les moins de 25 ans
  • 1/3 des « stories » virales publiées par les marques

Avec une audience grandissante et des outils de plus en plus perfectionnés à destination des professionnels, autant dire que le réseau est devenu un incontournable pour de nombreuses enseignes. Ainsi entre la possibilité de publier jusqu’à 10 photos en même temps, de partager des vidéos en direct, ou encore d’intégrer des sondages aux contributions, Instagram n’a cessé de se développer ces derniers mois. Face à cela, Twitter répond avec de la vidéo live, des nouveaux formats d’intégration d’images, des sondages, et tente ainsi de donner de la couleur aux mots.

Twitter, une nouvelle cash machine ?

Après des années à s’être cherché, à avoir tenté de trouver son business modèle, Twitter renoue enfin avec la rentabilité. Le dernier trimestre 2017 a été celui de la consécration pour lui, puisque le réseau a enregistré ses premiers bénéfices, à hauteur de 91 millions de dollars. Toutefois, ces premiers chiffres encourageants n’effacent pas pour autant les pertes passées. En effet, lors des trois premiers trimestres 2017, Twitter affichait des déficits en millions de dollars, jusqu’à 116 millions au trimestre 2.

Qu’est-ce qui a changé entre le début de l’année et la fin de l’année 2017 ? Est-ce le changement de 140 à 280 caractères qui a permis à Twitter de rentrer dans une nouvelle ère ? Probablement et pas seulement. Twitter a compris qu’il devait se calquer sur le business modèle des autres grands réseaux en offrant une interface de publicité efficace, permettant aux marques de gagner en visibilité moyennant quelques deniers. Les entreprises sont prêtes à investir des petites et grosses sommes pour sortir du gouffre de la timeline de Twitter et s’imposer au su et à la vue de tous.

Le virage BtoB pris par les réseau ces derniers mois est donc un virage salvateur, qui lui permet de s’adresser à une nouvelle cible en recherche de notoriété et d’audience. Et pour cause, le BtoB peine à se faire une place sur Facebook, même si le réseau leur fait les yeux doux. Quant à LinkedIn, le réseau professionnel propose des formats publicitaires qui ont encore besoin de faire leurs preuves et restent souvent très onéreux pour une efficacité discutable. Il faut dire que la publicité n’est pas le seul axe de développement business de Linkedin qui fonctionne notamment à l’abonnement, même si le réseau aurait tout intérêt à s’y mettre avec un peu plus de réflexion centrée utilisateur.

Au final, l’oiseau aux multiples visages a su garder sa place de réseau à part, laissant une belle part aux mots, tout en mêlant nouveaux usages SAV et TV, au personal branding politique, tout comme au brand marketing de marque. Et c’est aussi pour tout cela qu’on l’aime.

Aurore BISICCHIA
Aurore BISICCHIA
Conteuse numérique
Cofondatrice des Chuchoteuses, je suis une mordue de l'organisation, une adepte de la communication et un jukebox à mes heures perdues. Amoureuse des arts visuels, je milite pour que la série devienne le 11 ème art et demeure à tout instant passionnée des petits mots comme des grands.