Yuka est devenue l’une des applications les plus populaires du moment. Comment expliquez-vous ce succès ?

L’application existe depuis début 2017. Mais nous avons vraiment pris notre envol en 2018. Yuka, au départ c’était trois personnes, les trois fondateurs, Julie Chapon, François Martin et Benoit Martin. Nous sommes passés à six cet été et à présent, nous sommes neuf.

Notre succès est lié à plusieurs facteurs : tout d’abord le contexte. On peut dire que nous sommes arrivés « au bon moment ». À un moment où il y avait une préoccupation plus grande pour la transparence et la composition des produits. Il y a eu plusieurs scandales autour de l’agro-alimentaire qui ont éclaté ces dernières années et qui ont vraiment alimenté cette méfiance envers l’industrie agroalimentaire et cosmétique. Cela n’a fait qu’alimenter la méfiance des consommateurs, de plus en plus grande.

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Mais il faut le dire aussi : le succès, c’est aussi le produit en lui-même qui est facile d’utilisation et qui a un beau design. Cela a l’air anodin, mais ce ne l’est pas pour une application. Il est essentiel d’obtenir l’adhésion des utilisateurs.

Enfin, c’est aussi lié au fait que nous avons toujours communiqué sur un projet global et pas uniquement seulement sur un outil, une application mobile. Yuka est un projet qui vise à reprendre en main sa santé, mais surtout tenter de faire changer les industriels.

Nous avons aussi beaucoup communiqué sur l’équipe, qui est derrière Yuka ce qui a aussi généré un capital sympathie.

Quel rôle ont joué les réseaux sociaux dans votre notoriété ?

Nous avons dès le début pas mal communiqué sur les réseaux sociaux, principalement sur Facebook et Instagram, en mettant en avant l’équipe derrière Yuka et en repostant des articles de notre blog, qui est très suivi, avec 1,5 million de visiteurs uniques par mois. Mais c’est avant tout le bouche-à-oreille qui nous a fait connaître bien avant les réseaux sociaux. Nous avons aussi la chance d’avoir pas mal de reportages et d’articles dans les médias qui ont contribué à nous faire connaître.

Yuka app

Et votre communauté ? Vous devez être très sollicités. Comment le gérez-vous au quotidien via les réseaux ?

Nous sommes surtout sollicités via l’application. Nous recevons environ 300 messages par jour (via l’application et les réseaux sociaux). Nous lisons et répondons à tous les messages, car c’est comme ça que les utilisateurs nous remontent de potentiels erreurs, des produits à ajouter et que nous nous rendons compte des points à améliorer et des nouveaux besoins. Ils nous posent également beaucoup de questions sur notre fonctionnement, notre notation, notre indépendance. Il y a deux personnes à temps plein chez nous qui travaillent à répondre aux questions de nos utilisateurs.

Vous venez de lancer les cosmétiques. Comment s’est passé le travail d’évaluation de ces produits ? 

Nous avons effectivement lancé les cosmétiques sur iPhone en juin dernier et sur Android courant décembre. Il a fallu créer une autre méthode de notation pour ces produits-là et surtout travailler sur le référentiel des ingrédients.

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Notre méthode est basée sur l’analyse de l’ensemble des ingrédients du produit. Chaque ingrédient se voit attribuer un niveau de risque qui se base sur l’état de la science à ce jour. Quatre niveaux de risque ont été définis (de vert — aucun risque — à rouge – risque élevé). Le niveau de risque le plus élevé détermine la notation du produit. C’est ensuite la présence d’autres ingrédients qui déterminera précisément la note parmi la fourchette définie. Le niveau de risque a été évalué en fonction des différents effets que l’ingrédient peut avoir sur la santé : perturbateur endocrinien, cancérogène, allergène, irritant.

Pensez-vous que le numérique peut avoir un impact positif sur notre société, à l’instar de Yuka ? 

Tout à fait, nous pensons que le numérique peut avoir un impact positif sur notre société, car cela permet de toucher énormément de gens de manière simple, rapide et peu coûteuse. Le digital est un super outil, qui peut malheureusement faire l’objet de dérives, et notre objectif est de s’en servir comme d’un outil positif au service du bien commun.

Et vous, avez-vous une application dont vous ne vous passez plus ? 

Je passe tellement de temps à travailler sur Yuka que je n’ai pas le temps d’en utiliser d’autres.

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Sophie Comte
Sophie Comte
Conteuse numérique
Et si on communiquait autrement ? Je m'attèle à ce projet passionnant, en chuchotant sur le web de ma plume numérique. Egalement cofondatrice des Chuchoteuses, agence de création de contenu.