En provenance de la Californie

Netflix, c’est l’histoire d’un challenger. Tout commence en 1997 à Los Gatos, en Californie, avec une plateforme aux allures de « vidéoclub en ligne ». Tandis que sur le net, fuitent illégalement films et séries télé, Netflix propose peu à peu une offre payante, mais peu onéreuse. Une sorte de légalisation du streaming, en somme !

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Bientôt Netflix obtient l’exclusivité d’offres populaires avec Disney, Marvel ou encore Star Wars. Pour rester compétitif, l’hébergeur endosse tour à tour le rôle de créateur ou de producteur. En 2011, la marque dévoile son premier poulain House of Cards, puis en 2013, la non moins populaire série Orange Is The New Black. Mais Netflix n’a pas le temps de chiller ! Et plus vite qu’un digital nomad n’a le temps de liker un post insta, il s’en va conquérir le monde.

À la conquête du Vieux Continent

Cocorico

Netflix avait déjà élu domicile en France avant de partir en 2016 pour les Pays-Bas, une contrée aux taxes moins élevées. Il revient donc en 2019 pour poser ses valises non sans une idée en tête. En effet, la marque a pour ambition de développer son offre de contenu original « made in France ». Parmi la cuvée annoncée, on compte Osmosis, série d’anticipation inspirée par une création d’Arte et sorte de Black Mirror. On compte aussi d’autres commandes, le film Banlieusards, le documentaire Solidarité, et d’autres projets continuent de mûrir en fût.

En direct de Berlin

Netflix compte bien embrasser toute la richesse du Vieux Continent. Et l’Allemagne ne déroge pas à la règle. La série allemande Dark apparue dans le catalogue international en décembre 2017 nous a ainsi offert un thriller énigmatique retors qui n’a rien à envier à Stranger Things. Fort de ce succès, service de SVOD proposera à une date quasi anniversaire une nouvelle série germanique, Dogs of Berlin. Cette série policière suivra deux officiers enquêtant sur le meurtre d’un footballeur superstar dans un Berlin gangrené par le crime.

Destination Madrid

Du côté espagnol, on n’est pas en reste puisqu’il n’est plus utile de présenter la série phénomène La Casa de Papel. Achetée à une chaîne espagnole, elle est diffusée internationalement juste après la diffusion sur la chaîne espagnole. Et le succès est au rendez-vous ! Encouragé par cette popularité, Netflix a sorti une nouvelle série ibérique le 4 octobre dernier, Élite. On retrouve d’ailleurs une partie du casting de La Casa de Papel. Il s’agit d’un drama adolescent sur fond de thriller dans un lycée huppé espagnol. On vous laisse jeter un œil et jouer les Sherlock Holmes. Netflix ne s’arrête pas à l’achat de contenu espagnol, mais investit aussi dans la production de contenu ibérique puisque l’ouverture d’un pôle de création madrilène est prévue pour la fin 2018.

Le village d’irréductibles Européens

Cependant tout cet engouement pour l’Europe n’est pas tout à fait désintéressé. Avec de plus en plus de séries multilingues, Netflix revêt des habits cosmopolites pour la pérennité de son site. Certes, le géant du streaming espère bien toucher plus personnellement ses spectateurs tout en offrant un contenu toujours plus inédit et fourni. Ce n’est pas le Parlement européen qui va l’en dissuader, bien au contraire. La mondialisation ne passera pas. Ou presque. Et ce n’est pas Gandalf qui le dit, c’est l’U.E.

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En effet, le Parlement européen vient d’établir un quota de 30 % de contenus européens obligatoires. Cette initiative offre l’opportunité aux savoir-faire nationaux de se défendre face à une concurrence quasi omniprésente du contenu anglophone, voire américain. Attention ! Ce sera le même régime pour YouTube et Amazon. Sans parler de Facebook Watch, le dernier né Facebook qui veut concurencer Netflix ! (disponible uniquement via mobile pour le moment) Pas de jaloux ! Nul doute que Netflix est bien parti dans la course au contenu local.

La fronde gauloise

Sur le marché français, Netflix prend une belle avancée avec ce nouveau bureau et ses projets nationaux. Les chaînes françaises ont ainsi du mouron à se faire, le géant américain compte bien conquérir le marché français. D’anciens collaborateurs de la marque deviennent ainsi des concurrents. Le contrat passé avec Disney se termine en 2019, la marque de Mickey a déjà des projets de plateforme de streaming. Mais les Gaulois ne comptent pas se laisser faire ! Les grands groupes forment une véritable coalition pour tenter d’endiguer le monopole de Netflix. Leur nom de code, Salto. Sur le pied de guerre, M6, TF1 et France Télévisions encore dans l’attente d’une autorisation officielle, sont dans les starting-blocks. Côté information cependant, la nature de l’offre reste mystérieuse. On parle de deux formules, l’une incluant le direct et le replay et l’autre avec des contenus plus exclusifs. Mais les budgets de création de contenus de Netflix se comptent en milliards tandis que ceux des Français avoisineraient les 50 millions. La concurrence française est-elle vraiment une menace pour Netflix ?

 

D’hébergeur à créateur, Netflix a su se diversifier pour rester compétitif. Que ce soit pour des raisons de demande, légales ou concurrentielles, la plateforme se fait de plus en plus cosmopolite. Tandis que certains y voient l’opportunité de devenir multilingues, la marque étend son empire tentaculaire. En s’assurant des contenus toujours plus nombreux et inédits, elle assoit peu à peu son hégémonie. En Corée, on attend la sortie de Love alarm, série mêlant drama coréen et technologie. Quant à l’Australie, la préparation de la série Tidelands continue d’avancer. Et le géant a le vent en poupe puisqu’il prépare l’achat d’un studio de production dans sa propre mère patrie. L’acquisition est encore en pourparlers. Netflix gravit peu à peu les échelons du monde du cinéma, si bien que bientôt vous pourrez traverser la rue pour rejoindre l’équipe Netflix.

Gwendoline WEBER
Gwendoline WEBER
Ménestrelle numérique
Oscillant entre galéjades giffesques, modération bienveillante, veille im-pertinente, haikus récréatifs et designs amuse-oeil. VENI VIDI SHARED