Princesse des parallélogrammes

C’est la fille d’un poète et d’une amoureuse des sciences. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Ni une ni deux. Ada est plutôt binaire dans son raisonnement, ce sera la science ou ce ne sera pas. Elle tombe en amour pour les sciences et ses mystères. Preuve en est ces lettres. Elle écrit : « Je crois que je possède une singulière combinaison de qualités, qui semble précisément ajustée pour me prédisposer à devenir une exploratrice des réalités cachées de la Nature ».

La fiancée de la Science

Entre différents mariages, une société réfractaire à l’idée d’une femme scientifique, l’éducation de ses enfants, sa maladie, on peut dire que la science infuse dans son esprit. De sa mère qui lui enseigne les sciences dès l’enfance, de la rencontre avec Mary de Sommerville, une autre femme de science, en passant par le tutorat du mathématicien Auguste de Morgan a sa collaboration avec Charles Babbage, Ada ne lâche pas les sciences et revient toujours a son premier amour. Elle dira d’ailleurs : « plutôt la puissance intellectuelle au prix d’un million de douleurs que le bien-être avec des talents médiocres. »

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Geek girl

Ada Lovelace a étroitement collaboré avec Charles Babbage. Charles Babbage a construit l’ancêtre de l’ordinateur. Une machine analytique dont le but original était de vérifier les calculs pour éviter l’erreur humaine. Ada suit le projet tout du long. Charles Babbage écrit un essai dessus. On demande à Ada de traduire en français le texte pour une publication scientifique. Finalement, Babbage l’encourage à ajouter des notes pertinentes à ses propos. Les notes qui vont de la note A à la note G finissent par être si conséquente qu’elles font le triple du texte de Babbage. Babbage a suivi la rédaction des remarques d’Ada, lui fournissant des annotations et des formules mathématiques qui lui étaient alors inconnues.

Mère des algorithmes ?

On dit que la note G se rattache à ce qui s’approche le plus du premier algorithme. Si bien que le programme qui en découle est souvent considéré comme le premier véritable programme informatique au monde. C’est d’ailleurs pour ça qu’Ada Lovelace est souvent considérée comme la première programmeuse informatique. À défaut d’être Khaleesi, mère des dragons, Ada est la reine de la Science, mère des algorithmes !

S’il semble qu’Ada ait été à l’origine de l’idée d’utiliser les nombres de Bernoulli et d’en extraire un programme de calcul, la paternité ou la maternité du premier programme informatique semble peu claire. Peut-être même est-il le fruit des deux cerveaux qu’étaient celui de Charles et celui d’Ada. Ada Lovelace verra cependant le potentiel de la machine au-delà de son pouvoir de calcul allant jusqu’à imaginer qu’on pourrait lui faire composer de la musique de la plus simple à la plus complexe. Une conception visionnaire qui devra attendre Alan Turing pour vraiment se réaliser, la machine de Babbage n’ayant jamais pu être finalisée malgré les efforts d’Ada.

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Ada Lovelace a même inspiré le nom d’un langage informatique et dans les pays anglophones Ada a même un jour rien qu’à elle qui célèbre l’accomplissement des femmes dans les sciences et qui se tient chaque deuxième mardi d’octobre. Quel que soit le rôle exact qu’a joué Ada Lovelace, elle a définitivement contribué à la préhistoire de l’informatique et a sa place au Panthéon des geeks.

Gwendoline WEBER
Gwendoline WEBER
Ménestrelle numérique
Oscillant entre galéjades giffesques, modération bienveillante, veille im-pertinente, haikus récréatifs et designs amuse-oeil. VENI VIDI SHARED