La semaine dernière était l’occasion de déballer les premières tendances sur le Social Media en 2019 selon Kantar. Remise en cause des algorithmes et des modèles économiques des géants des réseaux sociaux, une nouvelle vision de l’engagement, les marques qui se veulent « Social by Design » : attendons-nous à du changement l’année prochaine. Mais ce n’est pas tout !

En 2019, le commerce devient (enfin ?) social

Cela fait beaucoup de temps que l’on parle de l’envol du social commerce et pourtant il tarde à arriver. Pour Kantar, cette année, c’est la bonne. Vraiment. D’abord parce qu’il y a à la clef pour les principales plateformes sociales une manne financière non négligeable, offrant plus de liberté vis-à-vis de la publicité « classique » (actuellement leur principale voire unique source de revenus). Mais aussi parce que les solutions technologiques ont changé.

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Récemment Facebook, Twitter, Pinterest, Snapchat semblent avoir réussi chacun à leur manière à intégrer une mécanique e-commerce à leur écosystème. Pinterest promet d’être le réseau social le plus efficace en la matière grâce à sa mécanique social commerce in-app, directement intégrée dans les contenus épinglés. D’un réseau social d’inspiration il a la possibilité de devenir un véritable site e-commerce augmenté, car nourri par ses propres utilisateurs. Les autres plateformes ne sont pas en reste. Facebook a lancé sa propre MarketPlace, mais aussi de nouveaux formats « Canvas » pour les marques qui souhaitent se doter de mini site web dans l’application. À cela s’ajoute la fonctionnalité Instagram Shopping, proche du fonctionnement du « Shop The Look » de Pinterest ou encore le « Shoppable AR » de Snapchat basé sur la réalité augmenté. Atypique, mais pourquoi pas ? Enfin, Twitter, comme à son habitude semble un peu en retrait sur ce volet, même si le réseau qui gazouille affirme avoir commencé les tests de son propre store.

En 2019, l’influence reprend le bon sens

L’influence marketing est aujourd’hui à tous les coins de feeds. Il est vrai que les réseaux sociaux ont redonné un coup de boost au métier d’égérie en donnant la possibilité à (presque) n’importe qui de devenir un influenceur, un vrai.

Le hic, c’est que quand tout le monde est influenceur, il n’y a plus personne à influencer.

Les marques pour contourner le développement des adblocks et augmenter leur engagement ont vite flairé le bon filon. Superstars, influenceurs professionnels et maintenant « micro-influenceurs », tout est bon pour se faire remarquer. Le hic, c’est que quand tout le monde est influenceur, il n’y a plus personne à influencer. Cette inflation traduit aussi la vision, trop simpliste, de l’influence comme un moyen marketing fonctionnant de la même manière qu’une campagne d’affichage ou une insertion presse. Hors elle requiert du temps et de l’authenticité. D’abord pour créer une relation avec l’influenceur, ensuite avec sa communauté.

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Il est vrai que de l’autre côté, les pratiques de certains instagrameurs, peu regardant sur la qualité des partenariats du moment tant qu’ils étaient bien rémunérés, ont terminé de réduire l’impact de telle campagne auprès d’internautes désormais très conscients de la présence des marques sur le digital. Si bien qu’aujourd’hui, certains diagnostiquent une BIF (Brand Influence Fatigue). Certaines marques comme Unilever souhaitent lutter contre ce phénomène en refusant de travailler avec des influenceurs qui pratiquent l’achat de fans/followers.

Pour autant l’influence marketing est loin d’être obsolète. Il doit simplement lui aussi se réinventer. En privilégiant la qualité, la relation, la véracité des discours et le sentiment de communauté. Fini le sampling, les marques s’adressent à un nombre réduit d’instagrammeur avec des produits sur mesure. Fini les tweets génériques et programmés à la même heure pour tous, les marques parient sur la co-création entre les influenceurs et leur communauté.

En 2019, il va y avoir des mariages

Il n’y a pas si longtemps de cela, les GAFA avaient la fâcheuse habitude de racheter toutes les start-ups et entreprises qui avaient le malheur (ou le bonheur, tout dépend de votre point de vue) de passer dans leur rayon d’action. En 2018, la fièvre acheteuse a baissé (Facebook n’a racheté « que » 5 entreprises en 2018 contre… 70 en 2017 !) et promet de continuer dans ce sens l’année prochaine. Tout comme pour l’influence marketing, les principales plateformes sociales vont opter pour la collaboration sur le long terme plutôt que la transaction rapide et massive. Dans un contexte mouvementé, les médias sociaux préfèrent avancer à pas plus mesurés et réfléchis. Instagram s’est par exemple associé à LaFourchette pour que les visuels #foodporn débouchent plus facilement sur des réservations de tables. Sa maison mère en a fait de même avec l’AFP pour tenter d’enrayer les problèmes liés aux fake news.

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Ces choix stratégiques révèlent non seulement une maturité de ces entreprises, mais aussi leur ambition de dépasser leur monde d’origine, celui des réseaux sociaux, pour créer d’immenses empires multidisciplinaires qui recouvrent aussi les télécommunications, le multimédias, le divertissement.

En 2019, nous serons (presque) tous des gamers

Le jeu vidéo se fait peu à peu une place dans le paysage (on l’a encore vu avec le Z Event récemment). Nouvelle preuve, s’il en fallait une, Facebook a annoncé au début du mois la création du « Global Gaming Citizen » un prix pour récompenser les initiatives prouvant que le jeu peut être à la base de changements positifs dans notre monde. Pas étonnant quand on se souvient que la plateforme a intégré depuis longtemps les jeux à son écosystème (avec son lot de notifications intempestives qui allaient avec). Elle se donne maintenant la possibilité d’ajouter des quizz avec ses vidéos. De même pour Snapchat qui compte bien capitaliser sur la dimension gaming de ses filtres en lançant les Snappables, des lenses dédiées uniquement au jeu.

Enfin les deux principales plateformes de streaming de jeux vidéo YouTube (donc Google) et Twitch (donc Amazon, depuis 2014) sont déjà dans une bataille acharnée pour attirer les meilleurs gamers et leurs immenses fanbases en se positionnant sur le phénomène de l’E-sport. Pour le moment, c’est Twitch qui tient la corde avec 15 millions d’utilisateurs actifs par mois, dont la moitié regardent plus de 20 heures de vidéos gaming par semaine. Et cet engouement pour le gaming donne des idées à d’autres, comme Netflix qui va prochainement lancer un programme orienté jeu vidéo.

 

Alors, arrivera ? Arrivera pas ? Seule l’année 2019 nous le dira. Rendez-vous dans un an pour un bilan des prédictions. Et quelque chose nous dit que l’on aura des surprises… Parole de devins digitaux !

Adrien Deydier
Adrien Deydier
Explorateur moderne
Je navigue sur les mers agitées du web à la découverte de nouvelles terres nettes pour Internet. Pirate mais pas hacker, en quête d'idées précieuses et de trésors au fond des mots.