Avec une disparition bien entamée des disques de jeux au profit du format dématérialisé, la fin des consoles physiques semble se profiler à l’horizon. Avec déjà plusieurs offres disponibles et de nombreuses autres en prévision, le cloud gaming est prêt à faire trembler le monde du divertissement. Comme tout bon joueur, je dois bien avouer que l’idée de payer un abonnement en échange d’un accès illimité à un large catalogue ou d’une machine surpuissante à disposition est fort plaisante. Grâce au cloud gaming, jouer selon vos envies et quand vous le voulez avec un simple écran connecté à internet… et accessoirement une manette. Que l’on soit puriste ou non, le changement est en marche.

Un concept alléchant qui vous démange la manette

Loin d’être véritablement nouveau, le cloud gaming est apparu dès le début des années 2010. Les précurseurs comme OnLive et Gaikai n’ont malheureusement pas pu profiter du marché encore largement immature, limité par les possibilités technologiques. Neuf ans plus tard, le cloud gaming semble prêt à éclore et son succès est sur toutes les lèvres.

À l’instar de Netflix, son principe est basé sur le streaming. Lancés via des serveurs distants, les jeux ne fonctionnent pas sur une console ou un ordinateur que vous possédez. La véritable machine qui vous propose un rendu et une jouabilité de qualité se situe dans un data center plus ou moins éloigné. C’est elle qui possède les composants optimaux pour effectuer les calculs nécessaires et afficher le résultat sur l’écran de votre choix. Un service bien plus gourmand en données avec un jeu de 60 images par seconde qu’un film lambda de 30 images par secondes.

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Le Cloud Gaming s’avère particulièrement utile pour les personnes qui s’adonnent aux jeux vidéo en de multiples endroits et pas uniquement tranquillement installées dans leur salon. Même si la console reste une excellente solution à la maison, le cloud gaming offre la liberté de jouer n’importe où, n’importe quand. Une simple tablette, l’ordinateur d’un ami ou la télévision d’un hôtel suffisent pour se connecter à un compte et jouer sans modération.

Parmi les avantages non négligeables du cloud gaming, la possibilité de profiter pleinement du rendu d’une machine de compétition. L’investissement que représente un vrai PC de gamer est considérable et les nouvelles cartes graphiques, processeurs ou autres progressent à une vitesse folle. Les serveurs de cloud gaming en place voient leurs composants mis à jour dès leur sortie, sans augmentation de tarif, offrant une puissance et une qualité visuelle de toute beauté. Les jeux sont immédiatement mis à jour et le temps de chargement est limité au maximum.

Seule ombre au tableau du cloud gaming, la dépendance du système à la qualité de la connexion internet. Si celle-ci n’est pas assez rapide et stable, l’expérience de jeu est anéantie par une latence insupportable. Au fur et à mesure que la technologie avance, le problème va disparaître, mais avec la 4K, les besoins en la matière sont de plus en plus importants.

La ruée vers l’offre

Les solutions de cloud gaming n’ont pas attendu 2019 pour tenter l’aventure. Gardant pour point de départ une console bien réelle, Sony a satisfait de nombreux joueurs avec son Playstation Store et ses 300 titres disponibles pour 16.99€/mois. Sauvegardée dans le cloud, la partie peut être reprise à tout moment sur n’importe quelle PS4. Dans le domaine des jeux indépendants, c’est le service Blacknut qui se démarque avec un catalogue appréciable et jouable sur toutes sortes d’écrans. Difficile également de passer à côté du français Shadow qui permet de disposer d’un ordinateur hébergé dans le Cloud. Avec un abonnement à 30€ par mois, il donne accès à une machine de guerre dédiée pour faire tourner vos propres jeux, effectuer du montage vidéo ou toute autre activité réclamant une puissance de calcul conséquente.

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Mais ces derniers mois, c’est surtout les services Stadia de Google et xCloud de Microsoft qui sont les plus attendus. Tous les deux leaders en matière de Cloud Computing, les deux géants disposent de l’infrastructure et des compétences pour proposer une offre de qualité.

Avec les premières phases de test prévues pour octobre, Microsoft se base sur une large sélection de jeux existants, un hardware Xbox One S, mais avec des besoins moins élevés en bande passante. Présenté lors de l’E3 2019, peu d’informations ont été dévoilées sur l’avenir du xCloud. Il n’en est pas moins très attendu surtout parmi les amateurs de la marque.

De son côté, Stadia promet une puissance de calcul de 10.7 teraflops pour un abonnement de 9,99 euros par mois, auquel s’ajoute l’achat des différents jeux. Par le biais du navigateur Chrome, il pourra être utilisé sur smartphones, tablettes, ordinateurs, mais aussi sur la télévision avec le dispositif Chromecast Ultra de Google. Avec la qualité technique de sa plateforme de cloudgaming, Google sait que son succès va se mesurer à la capacité de la connexion internet des potentiels utilisateurs. Les curieux peuvent à loisir vérifier la compatibilité de leur débit avec le futur service Stadia. Lancement prévu pour novembre 2019 avec plus de 30 jeux disponibles, à l’heure où se murmure un projet similaire de la part d’Amazon.

 

Avec le lancement imminent des plus grandes firmes américaines sur le marché, 2019 pourrait bien être l’année de l’avènement du cloud gaming. Une nouvelle vision du jeu vidéo qui risque d’entrer en conflit avec Sony, le maître des lieux et sa future PS5 en préparation. Une chose est certaine, lorsque le très haut débit ne sera plus une limite, le cloud gaming n’aura plus aucune contrainte pour retenir son ascension.

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.