Comme il est simple de tendre la tablette au petit dernier pour l’occuper. Quand vous êtes exténué par une journée de travail, elle procure quelques minutes de répit pour souffler. De quoi vous allonger sur le canapé, peut-être même fermer les yeux une minute ou regarder une émission stupide à la télé… Le soir venu, il vous quémande avec insistance une histoire ou un dessin animé pour s’endormir, ouvrant de grands yeux implorants. Vous pensez à votre lit douillet qui vous attire comme la vision d’une oasis au milieu du désert, puis coulez un regard vers la télévision…

Tôt ou tard vous vous sentirez coupable de privilégier la facilité au détriment du bien-être de votre chère tête blonde, plus encore si cela devient une habitude. C’était sans compter sur les start-ups Lunii et Joyeuse. En partant d’un constat qui est le vôtre, elles ont concocté des boîtes à contes et histoires qui raviront autant les enfants que leurs parents !

Développer l’imagination des enfants plutôt que les applications

Avec des écrans dans pratiquement toutes les pièces de la maison, on en compte aujourd’hui pas moins de 5 à 6 en moyenne par foyer. Des chiffres qui n’étonnent même plus tant les tablettes, télévision et ordinateur font partie de notre vie. C’est pourtant leur impact sur les jeunes enfants, de plus en plus accros à ces écrans, qui s’avère préoccupant. À l’exemple des annonces répétées du Conseil supérieur de l’audiovisuel mettant en valeur les risques d’une trop grande exposition avant 3 ans. Une initiative qu’a récemment appuyée la ministre de la Santé Agnès Buzyn au travers d’une nouvelle campagne publicitaire.

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Militant expert en la matière, le docteur Serge Tisseron est l’un des psychiatres à l’origine du slogan « pas d’écrans avant trois ans » relayé par le CSA. Il souligne l’importance des apprentissages avant l’âge de 3 ans pour l’épanouissement des enfants. Un développement biaisé par les heures passées devant un écran qui freinent des repères fondamentaux pour leur avenir. Les conséquences possibles sont légion : difficultés dans la maîtrise du langage, retard sur le plan de la motricité fine, sentiment d’empathie diminué, tempéraments de fuite ou d’attaque exacerbés. De nombreuses études mettent en relief une réduction des facultés d’attention chez les enfants les plus dépendants aux écrans même après 3 ans. Bien que mis en garde par les pédagogues et scientifiques, pas besoin d’avoir un doctorat pour constater les difficultés de concentration et les crises liées à l’addiction aux tablettes, jeux vidéo, télévision et autres.

Lunii, une boîte à contes qui éveille et donne vie aux rêves

Tout d’abord, un projet de fin d’année pour l’obtention du diplôme de Maëlle Chassard, la start-up Lunii a été fondée en 2014. Conçue pour offrir une véritable alternative aux écrans, cette conteuse numérique est destinée à stimuler l’imaginaire des enfants de 3 à 8 ans. Fruit du travail de trois associés alliant les compétences de l’ingénierie, du design, de la communication et du digital, elle a été récompensée en juin 2014 par le prix du public au festival de l’innovation Futur en Seine. Après une campagne de crowdfunding et une jolie levée de fonds de 480 000 euros, la boîte à histoire Lunii fait une entrée remarquée sur le marché en août 2016. En quelques semaines, le produit répond à un réel besoin et son utilisation intuitive le place en tête des ventes chez Oxybul et Nature et Découvertes.

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Peut-être est-ce son design un brin vintage et sa simplicité qui plaît tant aux enfants. Dans tous les cas, la conteuse Lunii laisse libre au cours à leur imagination. Bien évidemment, pas d’écran, pas d’ondes radio ou autres, mais une totale liberté de choix. À l’aide d’une molette, l’enfant compose lui-même les fondations de son histoire. De manière interactive, il opte parmi les différentes propositions d’héros ou d’héroïnes, de lieux, de personnages et autres rebondissements qui façonnent plus de 1000 histoires disponibles en téléchargement. L’occasion de vivres des aventures qui nourrissent son inventivité au travers des péripéties de Suzanne et Gaston, de fantômes, de cirques, de pirates, de sirène. Avec 48 récits inclus, une large sélection d’histoires et de livres musicaux complètent la conteuse numérique pour une démarche ludique et pédagogique. Rien d’étonnant à ce que cette boîte surprenante soit passée de 18 600 exemplaires vendus en 2016 à près de 160 000 en 2018.

Joyeuse : Maman ! Maman ! Il est où mon cube à histoires ?

Dans la lignée des alternatives bien pensées aux écrans, la solution de Joyeuse n’a pas fini d’enchanter les enfants. En plus d’une matière douce au toucher et des couleurs chatoyantes, le cube à histoires les accompagne au quotidien, comme dans la voiture ou avant de faire la sieste. À l’intérieur on y retrouve 20 contes incontournables, 10 comptines chantées, un abécédaire amusant et 10 récits zen pour partager ses émotions. Le concept est simple et intuitif et chacune des 6 faces est décorée selon un thème. Une fois ce dernier choisi, l’enfant l’oriente vers le haut et secoue le cube trois fois pour démarrer une histoire de manière aléatoire. Une interactivité qui plaît beaucoup et il suffit de taper dessus deux fois pour le mettre en pause. Facilement rechargeable, il propose différents récits et comptines téléchargeables depuis le site de Joyeuse, à moins que vous préfériez y incorporer vos propres histoires et musiques.

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Mathieu Roumens, le fondateur de Joyeuse a mis au point son cube conteur d’histoire avec l’intention d’occuper les enfants de manière plus intelligente et moins passive que les écrans. En utilisant la technologie de manière à stimuler leur imaginaire, il a cherché à combler un besoin qu’il avait lui-même en tant que père. Souvent trop fatigué pour lire des histoires à sa fille, il ne souhaitait pas pour autant la laisser devant un écran. Il s’efforçait donc à le faire, pas toujours avec un plein enthousiasme. À force de culpabiliser, l’idée du cube de Joyeuse lui est venue. Un cube chaleureux et réconfortant pour raconter des histoires à la demande.

 

Dorénavant, plus d’excuses pour justifier l’utilisation exagérée des écrans de vos enfants. Avec la conteuse numérique de Lunii ou de Joyeuse, ils s’amusent et développement leur créativité sans subir les fâcheuses conséquences d’une addiction à leur tablette. Vous êtes fatigué en rentrant du travail ? Laissez-la dans le tiroir et donnez-leur plutôt une boîte à histoires !

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.