Bonjour Sara. Développeuse web, c’est rare ! Pourquoi ce choix ?

Tout d’abord j’ai mis du temps à me décider à faire ce choix de carrière ! J’ai fait un BAC littéraire, puis les Beaux-Arts à Monaco. Dès ce moment-là, j’ai pris conscience que le média qui m’intéressait le plus, c’était l’ordinateur. Mais il m’a fallu encore un peu de temps pour faire le premier pas. J’ai eu un premier job, puis un deuxième. C’est lors de cette deuxième expérience en tant qu’assistante commerciale dans une entreprise de e-commerce que j’ai découvert le métier de développeur, en échangeant avec mes collègues. Mais je ne me sentais pas encore légitime pour me lancer. Et puis après deux ans passés dans cette entreprise, j’ai eu un déclic. J’ai tout simplement pris conscience que ce que je faisais ne m’épanouissait pas. Cela a fini par me ronger de l’intérieur. Et puis tout à fait par hasard, j’ai découvert l’école O’clock sur Facebook. J’ai démissionné et repris mes études. Et j’en suis très heureuse.

Tu dis que tu ne te sentais légitime. Pourquoi ?

Comme je te disais, j’ai fait un Bac littéraire, et je trouve qu’il y a souvent cette idée selon laquelle les littéraires n’auraient pas d’esprit logique. Je pensais donc ne pas avoir les bonnes compétences. Mais en fait c’est faux. Les profils littéraires sont bons dans l’apprentissage des langues. Et finalement le code, c’est à peu cela, sauf que ce langage s’écrit dans un éditeur web et non sur un papier ou une page word.

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À présent, je suis persuadée que le code n’est pas plus difficile pour un littéraire que pour un scientifique. En réalité, ces deux formations sont même très complémentaires. À part cela sinon, je dois avouer que je manquais de confiance en moi. Je n’osais pas faire ce qui me donnait vraiment envie.

Est-ce que tu penses que le fait d’être une femme peut être un frein pour devenir développeur web ?

« Développeuse web », je dirais même ! J’aime bien féminiser les métiers. En français, les métiers sont très masculinisés. Alors certainement oui, les femmes ont moins confiance en elle. C’est triste à dire, mais c’est vrai. Cela est probablement lié au conditionnement de la société, des parents, de l’environnement en général. On dit aux petits garçons qu’ils sont forts, aux petites filles qu’elles sont belles. Plus tard, on incite plus facilement les hommes à faire des carrières scientifiques, tandis qu’on cantonne les femmes à des métiers faisant appel à la sensibilité par exemple. Je pense vraiment que cela développe un manque de confiance chez les femmes. Et c’est peut-être pour cela que l’on voit plus de femmes touchées par ce qu’on appelle le « syndrome de l’imposteur ». Moi je lutte au quotidien contre mes doutes, j’enfile mes gants de boxe et je me bats !

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« Hello ! Aujourd’hui, c’est l’heure des confidences O’clockiennes. On va parler de #mindset et de motivation face à l’intensité et la difficulté. Au bout d’un mois de formation et après avoir passé des heures au front (comprenez par là, #HTML #CSS #JavaScript et #PHP), il arrive clairement de se heurter à ce que j’appelle : la salade niçoise du dév. C’est simple. C’est quand tout se mélange dans votre tête et que vous vous dites « Alors, dans 5 mois je suis censée être opérationnelle dans la jungle du développement web alors que je ne me sens pas du tout légitime ? » *tousse* Là, il faut être prêt à enfiler les gants de boxe et mettre un uppercut à plusieurs de vos démons. Le mien s’appelle le syndrome de l’imposteur. Vous savez, cette petite voix dans votre tête qui vous dit que c’est “trop compliqué”, “trop difficile”, trop… Hop : Uppercut 💥 Que vous n’allez pas y arriver… Hop : Uppercut 💥 Il n’y a pas de secrets, pas de recette miracle, pas de potion magique. Ou peut-être que si. Mais ça s’appelle tout simplement : le travail. Récemment, je me suis confrontée à tout ça. J’ai une légère tendance à avoir une patience qui avoisine le zéro absolu quand ma jauge de frustration explose et que je me heurte à des concepts que je ne comprends pas. Coucou l’algorithmique ! 🙈 L’important dans tout ça, c’est de ne pas se perdre dans une boucle infinie (héhé !) de négativité. Il y a des jours où il fait soleil, où vous comprenez tout, où les challenges sont rapidement faits et la salade niçoise devient appétissante ! Et puis il y a ces jours « sans » où vous vous dites « Mais quelle est donc cette sorcellerie ?! » 👹 Gardez une chose à l’esprit : c’est normal que vos nerfs soient mis à rude épreuve. Vous êtes là pour donner le meilleur de vous-même et aller bien au delà de votre zone de confort. Alors, haut les coeurs ! Keep #coding ! 💻» #code #webdeveloper #webdev #codegirl #womanwhocode #girlswhocode #girlsintech #Webschool #learn #setup #developpeur #developpeurweb #Motivation #Work #salledeclasse #codeuse #codinglife #viededev #algorithm #combat #boxe

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Oui, comme sur ce post Instagram. Qu’est-ce qui t’a motivé à tenir ce journal Instagram ?

J’ai décidé de partager mon quotidien une fois par semaine, comme un journal de bord. C’est d’ailleurs un garçon, Alexis Lepresle, une personne que j’ai rencontrée sur Instagram, qui m’a suggéré l’idée, en me disant que le fait que je sois à la fois femme et développeuse pourrait avoir un certain retentissement.

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Mon idée était vraiment de donner envie à toutes les femmes qui doutent d’elles-mêmes, de se lancer dans ce milieu masculin, de leur montrer qu’il est possible de pousser les portes, que les femmes ont leur place dans ce domaine. Aujourd’hui, je suis plutôt contente parce que j’ai beaucoup de commentaires de femmes très enjouées par ma démarche. Il ne faut plus avoir peur de devenir développeuse web.

Et toi, comment trouves-tu la motivation ? As-tu des icônes féminines et féministes de la tech qui t’inspirent ? 

C’est une bonne question ! En y réfléchissant bien, je m’aperçois qu’il y en a vraiment très peu. En tout cas, en ce qui concerne des femmes de la tech qui sont aussi développeuses. Comme quoi les femmes sont encore très peu présentes dans cet univers. Bien sûr, il y a les plus connues, Marissa Mayer de Yahoo ou encore Sheryl Sandberg de Facebook. En France, le seul nom qui me vient, c’est Alice Zagury de The Family. Sur Instagram, je suis Lydia Hallie, Sasha Tran, et Carmen Jimenez. C’est un triste constat, mais c’est vrai, il n’y a pas assez de femmes développeuses !

Pour finir, que dirais-tu à une femme qui a envie de se lancer dans cette carrière et qui n’ose pas ? 

Je lui parlerais du discours de Steve Jobs à Stanford en 2005 et je lui donnerais quelques citations que j’affectionne particulièrement et qui me motivent tous les jours. Par exemple : « Votre temps est compté, alors ne le gâchez pas à vivre une vie qui ne serait pas la vôtre. Ou encore : « Ne vous laissez pas enfermer dans le dogme, ne laissez pas les idées d’autrui diriger votre vie ». J’aime aussi celle-ci : « Ne laissez pas les cris des autres couvrir votre voix intérieure ». Et surtout, surtout : « Ayez le courage de suivre votre cœur, ayez le courage de suivre votre intuition ».

Sophie Comte
Sophie Comte
Conteuse numérique
Et si on communiquait autrement ? Je m'attèle à ce projet passionnant, en chuchotant sur le web de ma plume numérique. Egalement cofondatrice des Chuchoteuses, agence de création de contenu.