Bonjour Laetitia, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Laetitia Ramé : Je suis Brand Content Manager chez TooGoodToGo où je travaille depuis maintenant un an et demi. Globalement, cela veut dire que je suis en charge de la stratégie sur les réseaux sociaux, mais aussi de tout le contenu de marque que nous produisons sur les différents canaux. Je travaille au quotidien avec notre Community Manager, qui se charge de la partie opérationnelle de nos réseaux sociaux, et nous réfléchissons ensemble sur les prochaines campagnes à lancer.

Comment définirais-tu TooGoodToGo ?

Laetitia Ramé : TooGoodToGo, c’est un mouvement de lutte contre le gaspillage alimentaire, dont l’appli — qui permet de récupérer à petit prix les invendus (ndlr : la grande majorité des produits sont vendus entre 2 € et 4 €) des commerçants partenaires — n’est qu’un premier moyen : aujourd’hui, nous souhaitons aider chaque citoyen à changer ses habitudes pour que le gaspillage ne soit plus qu’un mauvais souvenir.

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En tant qu’entreprise, TooGoodToGo a des valeurs fortes, à la fois sociales et environnementales, et c’est surtout une équipe engagée de plus de 40 Waste Warriors (oui oui, c’est notre petit nom).

Comment résumerais-tu votre stratégie sur les réseaux sociaux ? Quels sont les principaux défis que tu rencontres ?

Laetitia Ramé : Les gens qui nous suivent sur les réseaux sociaux et qui utilisent l’appli ont des raisons variées de le faire : d’abord pour s’engager contre le gaspillage alimentaire. Mais c’est aussi un moyen pour découvrir de nouveaux commerçants ou produits de quartier, qu’ils ne connaissaient pas ou n’avaient jamais pensé à essayer. Enfin les utilisateurs sont intéressés par la dimension bon plan/petit budget inhérent à l’application.

Aujourd’hui, tout l’enjeu pour nous sur les réseaux sociaux est d’inspirer chacune de ces personnes, de leur faire prendre conscience de la réalité du gaspillage alimentaire, et de les aider à adopter des habitudes de consommation plus responsables.

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Et c’est cette variété de public qui est un défi chaque jour : il faut trouver l’équilibre entre l’humour, le sérieux et les conseils, sans tomber dans un côté moralisateur, afin que chacun se reconnaisse dans nos posts. Et ce n’est pas toujours facile ! C’est aussi ça qui fait qu’on a un travail passionnant : on ne se repose jamais sur nos acquis, et ce qui fonctionnait il y a trois mois n’est peut-être plus efficace aujourd’hui.

Tu nous parles un peu de la pétition #Changetadate ?

Laetitia Ramé : #ChangeTaDate, c’est un projet qui est parti d’un constat : 20 % du gaspillage alimentaire dans les foyers est dû à une mauvaise compréhension des dates de péremption (il y a les DDM : « à consommer de préférence avant… » qui ne présentent pas de danger à la consommation une fois passées, et les DLC « à consommer jusqu’au » qui elles peuvent être dangereuses pour la santé).

On s’est dit que la cause était double : les consommateurs finaux sont mal informés, et les industriels et producteurs ne prennent pas la charge de cette information. On a ainsi lancé une pétition pour inciter les marques à modifier la sémantique de leurs DDM en ajoutant la mention « à consommer de préférence avant… mais aussi après », afin que l’utilisateur final fasse usage de ses sens (observer, sentir, goûter) avant de jeter.

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Récemment, on a donné une voix à la pétition avec le rappeur Lord Esperanza, qui a écrit #ChangeTaDate, un texte pour faire entendre la pétition à plus grande échelle (à retrouver sur YouTube). On en est d’ailleurs à 60 000 signatures avec deux marques engagées à nos côtés, on espère donc en avoir d’autres qui nous rejoignent rapidement !

Parce que la plupart d’entre nous ne sait pas que « à consommer de préférence avant », signifie « mais aussi bon après…

Publiée par Too Good To Go sur Mardi 2 octobre 2018

Comment as-tu vu évoluer la cause anti-gaspillage depuis que tu es chez TooGoodToGo ?

Laetitia Ramé : En un an et demi, je pense pouvoir dire que la situation a énormément changé.

La prise de conscience a démarré en 2016, avec la loi Garot qui vise les supermarchés, mais ce n’est qu’en septembre 2017, à mon sens, qu’un vrai intérêt s’est fait sentir, tant dans les médias que de la part du grand public. Aujourd’hui, de plus en plus de monde se sent concerné par le gaspillage alimentaire, mais aussi par une consommation plus responsable (zéro-déchet, bio, etc.) !

TooGoodeurs, TooGoodeuses, l’heure est aux félicitations : ensemble, nous avons déjà sauvé 3 millions de repas en France…

Publiée par Too Good To Go sur Lundi 26 novembre 2018

Enfin, si tu avais un rêve, ce serait quoi ?

Laetitia Ramé : J’ai beaucoup de rêves, mais je pense que si déjà, on pouvait réduire le gaspillage alimentaire à zéro, ce serait un bon début.

Adrien Deydier
Adrien Deydier
Explorateur moderne
Je navigue sur les mers agitées du web à la découverte de nouvelles terres nettes pour Internet. Pirate mais pas hacker, en quête d'idées précieuses et de trésors au fond des mots.