Bonjour Justine, l’aventure Respire, elle commence avec ton compte Instagram ?

Justine Hutteau : Tout à fait ! J’ai ouvert mon compte Instagram @justinehutteau (Just_in_run) il y a deux ans. Au lancement, je n’étais pas du tout une runneuse. J’ai créé ce compte dans le cadre de ma thèse. J’ai choisi le sujet suivant : « pourquoi les gens courent et se motivent à travers les réseaux sociaux ». Quand j’en ai parlé à mon directeur de thèse, il a approuvé mais selon lui, il était impératif que je me mette à courir et que j’aille sur les réseaux sociaux. C’est donc ce que je fais ! Et je me suis totalement laissée prendre en jeu.

 

Tu as aujourd’hui une communauté de 32 K followers, comment as-tu fait pour rassembler autant de monde autour de toi ?

Justine Hutteau : J’ai tout de suite été dans le partage, dans l’interaction. J’ai expliqué dès le départ le sens de ma démarche aux personnes qui me suivaient et puis j’ai progressé très vite, encouragé par ma communauté à me dépasser. Au bout de deux mois, je faisais mon premier semi-marathon et mon premier marathon a suivi en moins d’un an. Je postais tous mes progrès. Ça a pris très vite ! En moins d’un an également, j’ai eu une communauté de 10 000 fans. Ma communauté a été un moteur incroyable qui m’a permis d’aller très loin ! Mais attention, il y a aussi un effet pervers. J’ai présupposé de mes forces et je suis allée trop loin. Pour mon 2e semi-marathon, j’ai médiatisé l’entraînement, et le jour j, je suis partie beaucoup trop vite. Résultat, j’ai fait un malaise. Il en est ressorti une analyse sur l’influence des réseaux sociaux plutôt ambivalente. Ma thèse s’intitule « Une micro influenceuse sous influence ». Mais oui, au final, en deux ans, j’ai créé une communauté de 32 k followers. Face à ce constat, je me suis dit : à quoi cela pouvait bien servir ? C’est alors que j’ai réalisé que cette communauté pouvait me permettre d’avoir un impact positif sur les gens.

Alors tu as lancé Respire ?

Justine Hutteau : Oui, mais il m’a fallu un autre événement pour me décider. Le déclic, c’est ce que je raconte dans la vidéo : on m’a détecté une tumeur bénigne. Alors, les médecins ont commencé à me sensibiliser à l’utilisation des déodorants, en particulier à l’aluminium qu’ils contiennent tous et qui est dangereux pour la santé. J’ai eu une prise de conscience qui m’a fait me tourner vers les produits naturels. Mais aucun ne m’allait, soit parce qu’ils n’étaient pas efficaces, soit parce qu’ils étaient sous forme de crème et donc pas pratiques pour le sport, en particulier quand on en fait régulièrement.

Lire aussi : « Femmes du numérique, incarnons l’inclusion, l’engagement passera par le ralliement ! »

L’idée de Respire arrive à ce moment-là. Tout s’est passé très vite. Je me suis associée et en mars dernier, nous avons commencé à travailler la formule du déodorant. Nous avons trouvé le laboratoire, situé en France, j’y tiens ! cela faisait sens de faire du « made in France ». Nous avons mis plusieurs mois avant de trouver la bonne formule. À la fin de l’été, on n’y croyait plus et puis on a fait tester une formule auprès de 30 personnes différentes. Elles ont été unanimes, notre déodorant fonctionnait vraiment.

Le crowdfunding, c’était une étape incontournable pour toi ?

Justine Hutteau : Pour moi, ce qui était important, c’était de savoir si le produit allait intéresser les gens. On ne voulait pas prendre de risque en production. Donc oui, le crowdfunding avec Ulule était pour nous une excellente façon de jauger le marché. Et clairement, il y avait un vrai besoin !

Comment expliques-tu le succès de la vidéo ?

Justine Hutteau : Je voulais créer une vidéo pour m’adresser aux communautés de manière authentique. Je pense que c’est cela qui a plu : la marque y est incarnée par une personne de chair et d’os qui porte ses valeurs, la vidéo raconte une histoire. Quant à sa viralité, évidemment les réseaux sociaux ont joué leur rôle d’amplificateur. Au départ, je misais tout sur Instagram, j’avais une belle communauté. Mais contre toute attente, ce n’est pas sur Instagram qu’elle a décollé. En fait, tout a pris sur LinkedIn. Nous avons eu 2 millions de vues de la vidéo dont 1,5 million sur LinkedIn. LinkedIn est le réseau social qui nous a permis de faire le buzz. Pourtant je n’avais que 400 contacts sur ce réseau ! Et nous avons réussi à obtenir 3500 repartages de la vidéo ! LinkedIn m’a ouvert beaucoup de portes, notamment auprès des distributeurs. L’émission Télématin a parlé de nous, encore une fois, grâce à LinkedIn ! J’y ai aujourd’hui une communauté extrêmement importante.

Lire aussi : Bruit de boudoir et réservation en ligne avec Valérie Abehsera, fondatrice de Balinea

Tout cela a fait que la campagne a eu un succès incroyable. Nous avons vendu 21 000 déodorants en prévente. Même après la campagne, nous avions des demandes tous les jours. Nous avons donc fait le choix d’ouvrir une plateforme avec Ulule permettant de continuer à acheter le produit.

C’est quoi pour toi une communauté ?

Justine Hutteau : Il s’agit d’un ensemble de personnes qui partagent les mêmes valeurs que toi et qui ont envie de les communiquer autour d’eux.

Et ta communauté, elle ressemble à quoi ?

Justine Hutteau : J’ai plusieurs communautés différentes. Elle est liée à l’entrepreneuriat sur Instagram, elle est davantage business sur LinkedIn, ce sont aussi des acheteurs et des ambassadeurs sur ces différents réseaux. Et j’ai également créé le Respire Club sur WhatsApp, une communauté d’ambassadeurs avec qui nous co-créons les produits Respire. Je les contacte minimum une fois par semaine pour avoir leur feedback ou pour leur annoncer nos actus et nos projets. Finalement là où j’ai le moins d’abonnés, c’est sur Facebook, ils ne sont que 2000. Ulule m’a aussi permis de constituer une base mail d’acheteurs, grâce à la rubrique « news » qui permet d’envoyer des infos à sa communauté.

Le petit mot de la fin, le digital pour toi ça rime avec quoi ?

Justine Hutteau : Le digital, c’est tout simplement le champ des possibles. Sur internet, on peut s’adresser à un maximum de personnes. Il suffit juste de trouver la bonne façon de le faire, qui correspond à son univers et à ses valeurs. Et bien sûr, je suis convaincue à 100 % par la vidéo, c’est un medium extrêmement puissant. C’est une façon plus authentique de s’adresser aux gens, à condition d’y mettre une bonne dose de spontanéité !

Sophie Comte
Sophie Comte
Conteuse numérique
Je suis convaincue que le numérique s'adresse à tous, et je vous le raconte ici. Egalement cofondatrice et rédactrice en chef de Chut.