Décidément, Qwant ne fait jamais rien comme les autres. Après Qwant Junior, voici Qwant Causes. Le principe : l’utilisateur accepte de visionner un peu plus de publicités. En contrepartie, les revenus générés par ces publicités sont entièrement reversés à des associations. Comme nous l’explique Marie Juyaux, l’objectif est de redonner du sens à la navigation et de s’engager simplement, sans contrainte. Chut, on l’écoute.

Bonjour Marie. Concrètement, comment ça marche Qwant Causes ?

Marie Juyaux : Qwant Causes est ce qu’on appelle un « switch », c’est-à-dire, un bouton qui permet d’activer un mode « donations ». Pas besoin de sortir de l’interface habituelle, la plateforme reste la même. À la seule différence que vous acceptez d’avoir un peu plus de publicités que d’habitude. En temps normal, lors d’une navigation avec Qwant, vous avez un maximum de deux publicités par requête. Avec Qwant Causes, vous en avez quatre, ce qui reste très raisonnable. Le chiffre d’affaires généré avec ces deux publicités supplémentaires sera alors entièrement reversé à des associations.

Ce sont quels types d’associations ?

Marie Juyaux : Ce sont des associations reconnues d’utilité publique, des fondations et des fonds de dotation. Nous travaillons en étroite collaboration avec des experts de la Fondation de France et de HelloAsso, qui s’occuperont de redistribuer les fonds collectés sur Qwant Causes. On a fait le choix de s’associer avec les experts du marché pour être sûr de pouvoir donner aux bonnes associations et aux bonnes causes.

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Comment choisir l’association de son choix ? Cela reste-t-il simple ?

Marie Juyaux : Tout à fait, nous avons souhaité que l’action de donner soit sans contrainte. Aussi il est possible de choisir l’association que l’on souhaite soutenir dans un vaste index de plusieurs milliers d’associations reconnues d’utilités publiques, fondations et fonds de dotation. Et si vous ne savez pas à qui donner, nous mettons en avant une thématique par mois, une « cause » donc. Les dons seront alors reversés à une association choisie par la communauté. Nous partons du principe que nous n’avons pas toujours le temps de choisir. Il y a tellement d’associations, quand on ne les connaît pas, on ne s’y retrouve pas.

Pour le lancement de Causes, quelle thématique associative avez-vous choisie ?

Marie Juyaux : Les femmes ! Nous avons rencontré un certain nombre d’associations comme Care, Toutes à l’école, pour les mettre en avant lors du lancement et qu’elles soient les associations par défaut. Pour l’instant, ce sont les femmes, mais il y a beaucoup d’autres thématiques que nous avons hâte de mettre en avant, comme l’environnement, le handicap, l’éducation, etc.

La discrimination envers les femmes est un sujet qui nous tient à cœur et cela tombe bien, les femmes sont déjà prescriptrices de solutions alternatives de navigation comme Ecosia et Lilo qui permettent de s’engager pour l’environnement. Elles sont sensibles à ces enjeux. En valorisant cette thématique au lancement de Qwant Causes, on souhaite leur montrer qu’elles peuvent donner un sens à leur navigation tout en protégeant leurs données et donc leur vie privée, ce que n’apportent pas les métamoteurs que je viens d’évoquer.

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Mais il n’y a pas que les femmes qui cherchent du sens aujourd’hui, nous sommes de plus en plus nombreux à nous préoccuper de ces sujets, nous nous sentons concernés par l’avenir de notre société, nous avons envie d’une consommation durable, responsable. Alors pourquoi pas le faire avec un acte aussi anodin qu’une connexion internet ? Ce qu’on veut avec Causes, c’est inventer de nouvelles façons de donner, c’est faire de la disruption de la donation. C’est de l’innovation, de l’éthique, du sociétal. Ce sont nos valeurs en fait.

Justement, vous croyez en une tech engagée, en un web éthique ?

Marie Juyaux : Oui, c’est même la définition exacte de la « tech for good » qui propose d’utiliser la technologie pour faire le bien. Nous ne sommes pas une ONG, nous sommes une entreprise comme les autres, qui génère du chiffre d’affaires. Nous le disons d’ailleurs de manière très transparente, nos revenus viennent de la publicité.

Cela ne nous empêche pas de penser qu’il est possible de construire un web qui réfléchit aux bonnes pratiques. Chez Qwant, nous avons des datas centers qui sont alimentés en énergie verte et nous compensons notre empreinte carbone. Le web éthique, c’est aussi réfléchir à nos connexions. Certains sites vont stocker nos données avec les fameux cookies, pendant des années. Alors, il peut être intéressant de réfléchir à deux fois avant de se connecter, d’avoir cette réflexion-là. Le web éthique, c’est aussi considérer qu’un utilisateur n’est pas qu’un consommateur, c’est un citoyen.

En parlant de « tech for good », vous intervenez chez Vivatech sur ce sujet ?

Marie Juyaux : J’interviens lors d’une table ronde sur les plateformes et les médias avec des personnes de chez Facebook, Havas et BNP Paribas. Nous allons parler revenus publicitaires, et montrer que l’on peut annoncer sur Qwant et Qwant Causes en touchant ses clients sans les tracker, en restant éthique, que l’on n’a pas besoin d’un ciblage ultra précis, données personnelles à l’appui. Au contraire, cela fait fuir les utilisateurs qui trouvent cela très intrusif et cherchent de plus en plus à s’en protéger.

Il existe une vraie demande aujourd’hui, un vrai besoin de s’engager. Qwant Cause n’est que la continuité d’une démarche que nous avons engagée depuis le début et qui a du sens pour nous.

 

Propos recueillis par Sophie Comte.

Sophie Comte
Sophie Comte
Conteuse numérique
Je suis convaincue que le numérique s'adresse à tous, et je vous le raconte ici. Egalement cofondatrice et rédactrice en chef de Chut.