Formons-nous dans les bois

Avant d’utiliser les technologies dans les champs, il convient d’abord de bien connaitre son métier d’agriculteur. C’est donc dès la formation aux métiers que le digital entre en scène. Même si l’on a tendance à penser que l’on nait agriculteur et qu’on ne le devient pas, il existe aujourd’hui toutes sortes de formations, en ligne qui plus est. Car oui si notre société se digitalise de plus en plus, aucun domaine n’est laissé au hasard, et surtout pas celui de l’agriculture (n’oublions pas que nous sommes le premier pays agricole de l’UE). Que vous soyez un petit nouveau fraichement reconverti ou que vous en soyez à votre 135e paire de bottes, il existe une formation pour vous. Le site Agri Web Formation en propose un large choix, allant de la cynotechnie pour s’occuper de nos amis à quatre pattes, à la bureautique, en passant par les langues étrangères. Le site vous propose même de devenir Agri formateur, ce qui rentre parfaitement dans les us de ce milieu, où la transmission de connaissance des anciens aux plus jeunes était, fut un temps, la seule source de formation.

Les internet nous ont offert une formidable plateforme pour se former seul de manière totalement gratuite : j’ai nommé YouTube. Sur cette dernière sont apparus les Agri-youtubeurs. Il en existe pléthore à l’image de la chaine sobrement nommée « Chaine agricole », comptabilisant 45 K abonnés.

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Et comme il est parfois compliqué de s’y retrouver avec toutes les différentes chaines, certains agriculteurs comme Thierry se font le chantre de la pédagogie agricole. Après avoir lancé sa chaine YouTube en 2013, il propose un an plus tard son site au slogan explicite : « l’agriculture mérite d’être expliquée ». Cette plateforme regroupe un catalogue de vidéos YouTube qui saura satisfaire toutes vos agricuriosités. Classées par auteur ou par catégorie, ces vidéos mettent en lumière la culture de la betterave jusqu’aux coulisses des différents salons agricoles. Vous pourrez également y trouver des formations payantes, principalement de machinisme agricole. Pour parfaire sa panoplie d’Agriyoutubeur, Thierry a même créé une chaine secondaire en 2015, consacrée elle à l’agriculture biologique.

Smartgriculture

Une fois formés, ces agriculteurs n’abandonnent pas pour autant l’outil informatique, bien au contraire. Ce dernier participe grandement à modifier ce métier. Et quand je dis modifier, j’entends faciliter. Tout le monde sera d’accord pour dire que l’agriculture est un milieu compliqué physiquement et qu’il laisse peu de place au temps libre. Fort heureusement, il existe aujourd’hui des Messi 2.0 : les développeurs. Ils s’attellent depuis plusieurs années, entre deux copies de Candy Crush, à créer des sites et applications destinés à aider nos super-héros en bottes de caoutchouc. Le principal atout des applications dédiées aux agriculteurs est l’aide à la décision. Quand faut-il semer ? Traiter ? Récolter ? Avec des calculs précis, vous aurez des estimations précises des moments où vous devez agir.

Loin de la simple application météo installée par défaut sur nos smartphones, les travailleurs agricoles ont besoin d’être au courant à la seconde près de la moindre goutte de pluie éventuelle. Les sites qui proposent des prévisions ultra précises fonctionnent grâce à des capteurs connectés. Parmi les plus utilisés, on retrouve weenat qui propose un panel de cinq solutions, allant de la météo à l’observation des cultures. On retrouve également pleinchamp qui en plus de la météo, apporte une expertise agricole dans les différents domaines possibles, à savoir l’élevage, les vignes, les grandes cultures, etc.

La question des données fait aussi partie du champ de recherche de l’agritech, qu’il faut traiter et croiser pour pouvoir les exploiter à bon escient. Certaines entreprises, comme Le Cube, ont pris le problème à bras le corps, en proposant un audit d’élevage afin de définir des besoins et objectifs. Ensuite le logiciel (couplé avec des appareils connectés) récupère et traite les données. En complément, il sera proposé des formations au digital pour permettre aux agriculteurs de devenir de véritables digital farmers. Quant à ceux qui maitrisent déjà l’outil numérique, il existe Applifarm. Même si le nom rappelle plutôt un jeu en ligne dans lequel vous développeriez une ferme numérique, il n’en est rien. Cette « market place smart data de l’élevage » propose aux éleveurs de partager leurs données. Ces données sont ensuite croisées et participent au développement d’outils d’aide à la décision, d’études à grande échelle ou de services innovants accessibles à tous les agriculteurs membres.

 

IronMangriculteur

Internet c’est bien, mais l’agriculture est avant tout un métier de terrain. C’est pourquoi certaines technologies ont pris le parti d’être bel et bien dans le réel et non dans le virtuel, en proposant leur aide au quotidien. C’est le cas de Adventiel et avec son assistant vocal Voixeo. Récompensé par les trophées Innov’Space 2018, vous pourrez le découvrir lors de cet évènement. Au lancement réservés aux éleveurs, il leur permettra de ne pas salir leurs vertes mains tout en donnant de la voix. Enregistrer des évènements tels que les naissances, prendre des notes, ou encore instaurer des rappels deviendra (littéralement) simple comme bonjour.

Prenons un peu de hauteur avec des jouets télécommandés pour adulte, j’ai nommé les drones. Et quand on parle de drone, comment éviter de parler du mastodonte du milieu, Parrot ? Il est donc évident qu’il se soit lancé sur le marché de l’agriculture avec le  PARROT BLUEGRASS. La société française propose également le capteur PARROT SEQUOIA +, adaptable à tous les drones, que vous pouvez coupler avec différents logiciels, parmi lesquels se trouve celui développé par AIRINOV (dont la vidéo de présentation donne envie de tout plaquer pour partir piloter un drone au-dessus d’un champs de blé).

Atterrissage à la ferme. S’il existe déjà des vaches connectées, ces dernières gagnent de plus en plus en autonomie, avec par exemple la société DeLaval. Ses solutions sont multiples. Pour l’alimentation, l’offre va du veau à la grand-mère vache, avec des distributeurs adaptés et disponibles à la demande (comme un drive, mais gratuit). Et bien sûr le grand classique que tout le monde connait déjà, le robot de traite. Avec ce dernier, les vaches vont à la traite au moment où elles le souhaitent, ce qui les soulage, ainsi que les éleveurs, qui n’ont par conséquent plus de contraintes horaires pour cette tâche. Et enfin, cerise sur le gâteau, DeLaval a fabriqué des robots massants pour nos amies ruminantes !

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Regardons maintenant vers le futur, Batman et sa batmobile peuvent aller se rhabiller, les agriculteurs de demain posséderont des tracteurs autonomes. Encore à l’heure du prototype, la société quasi bicentenaire case IH a produit un tracteur aussi puissant qu’une Mercedes sport de 380 chevaux. L’heureux détenteur de ce petit bijou de technologie n’aura même pas besoin d’être présent sur la parcelle sur laquelle opère le tracteur, et ce dernier peut être opérationnel pendant 24 H. Alors, qui passe commande ?

Vous l’aurez compris, les fils et petits-fils d’agriculteurs d’aujourd’hui ne feront pas le même métier. Même si bien entendu la passion pour la terre et les animaux restera inchangée, peut-être même augmentée ?

Sébastien Michel
Sébastien Michel
Rédacteur protéiforme
Amateur de bon mots, féru d’absurdités en tout genre, fine fleur du sud ayant quitté le soleil pour proposer ses métaphores à la capitale.