Qui n’a jamais rêvé de pouvoir visualiser sa maison en 3D dans les moindres détails ? Peut-être pas le commun des mortels, mais pour les acteurs du bâtiment c’est comme la potion magique pour Obélix. En amont, cela permet d’adapter à la perfection l’infrastructure et le rôle de chaque intervenant, tout en regroupant l’ensemble des données pour gérer les plannings, les coûts, les contraintes, les livraisons… Durant les années d’exploitation du bâtiment, le BIM assure un suivi idéal pour faciliter son entretien et sa bonne évolution. Plus le temps passe, plus les possibilités du BIM se révèlent, à l’exemple de son association avec la réalité virtuelle : explications.

C’est quoi le BIM ?

L’infrastructure d’un bâtiment est divisée en une multitude de couches tel un oignon. Entre les différents matériaux, le gros œuvre, les revêtements, la toiture, les planchers et les nombreux réseaux techniques, chacun interagit en fonction des autres pour un fonctionnement optimal. La modélisation d’informations des bâtiments ou BIM est un outil pour planifier, réaliser et effectuer la gestion de l’ensemble de ces couches. En plus de la partie conception, le BIM est sollicité par 59 % de ses utilisateurs pour estimer les coûts et à 56 % pour toute la phase de construction.

La base de cette technologie est la création d’un modèle 3D donnant accès à toutes les données partagées nécessaires à la bonne marche des opérations. Avec un plan et des renseignements communs, les différentes équipes disposent d’un système de collaboration idéal tout au long du cycle de vie du projet. Pas de plannings aléatoires ni de perte d’informations. Ces dernières arrivent au bon interlocuteur et au moment prévu pour maximiser le gain de temps et de productivité.

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Depuis 2013 où elle stagnait à la dernière place du classement européen, la France a rattrapé son retard pour pointer à la troisième place en 2017. Elle comptait alors 30 % de ses projets immobiliers réalisés à l’aide de la technologie BIM. Le gouvernement en avait fait l’une de ses principales priorités dans le cadre de la transition écologique. L’année 2018 a vu l’initiation se poursuivre auprès des entreprises de moindre envergure avec, entre autres, l’application gratuite Kroqi. Depuis son lancement au printemps, elle comptait plus de 12 000 utilisateurs à la fin du mois d’octobre.

La construction n’a pas la moindre raison que le BIM ignore !

En permettant aux experts du bâtiment de contrôler parfaitement les tenants et les aboutissants de leurs infrastructures, la modélisation des informations conduit à une indéniable optimisation des travaux. Allié aux technologies de quantités automatisées, le BIM apporte une facilité de simulation des différentes options disponibles pour des résultats d’un niveau jamais égalé. Les coûts sont ainsi gérés au plus juste et ajustés en fonction de l’intervention des différents corps d’états pour des solutions fiables et opérationnelles.

 

Les avantages du BIM :

  • Une visualisation optimale.
  • Une productivité augmentée grâce au partage d’informations.
  • Une excellente coordination des documents et des équipes.
  • Une base de données pratique avec les divers fournisseurs, les détails, emplacements spécifiques…
  • Une augmentation de la rapidité des flux.
  • Une organisation qui permet la réduction des coûts de construction et d’exploitation.

 

La grande flexibilité du BIM en phase de conception facilite l’obtention d’un projet de qualité. Les délais de coordination sont diminués et la modélisation offre un parfait contrôle dans la prise de décisions techniques lors de la construction. Il entraîne également une planification et une gestion améliorée des futures rénovations du bâtiment. La rapidité d’exécution est un point essentiel du BIM dû à la communication et aux possibilités d’adaptations. Tous les schémas, estimations, plannings et autres documents techniques sont partagés et réalisés de façon dynamique tout au long de l’évolution du projet. En limitant considérablement le nombre d’erreurs, le BIM constitue un système idéal pour réduire les coûts et offre aux équipes les moyens pour une meilleure productivité.

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Le BIM n’est pas encore devenu obligatoire comme dans d’autres pays. L’objectif est maintenant de familiariser les PME à son utilisation. En Angleterre, le cabinet de conseil PwC estime le gain financier à 5 % au niveau de la conception et à 20 % sur l’ensemble de la phase de construction.

Comme l’explique le directeur du développement BIM chez AC Environnement, Jérôme Bonnet : « La maquette numérique ne concerne pas uniquement la construction de bâtiments neufs. La technologie permet aujourd’hui de scanner les édifices d’habitation existants afin de réaliser une projection 3D d’une redoutable précision. » De cette façon, les entreprises et bailleurs pourront optimiser l’exploitation et la maintenance des bâtiments en accédant à toutes les informations relatives à leurs infrastructures. Il ne leur reste plus qu’à prendre l’initiative de se lancer dans la mise en place du BIM.

Casque sur la tête, le BIM aussi se met à la réalité virtuelle

On entend beaucoup parler de réalité virtuelle dans le domaine du divertissement, mais le secteur professionnel n’est pas en reste. Associée au BIM, la réalité virtuelle et la réalité augmentée ouvrent de nouveaux champs de possibilités, notamment à travers le casque Hololens de Microsoft. En matière de visualisation, il permet de projeter un hologramme 3D des locaux où vous le souhaitez. Avec une taille modifiable selon les besoins, ce denier apporte tous les détails nécessaires, qu’il s’agisse de canalisation, de câbles électriques, de charpentes ou tout autre élément. Un outil idéal pour une réunion de chantier, accompagné de toutes les informations utiles.

La réalité virtuelle va toujours plus loin avec la projection d’objets intelligents dans un environnement réel. Toujours sous forme d’hologramme, il est alors possible de simuler l’installation de divers éléments techniques et de tester les emplacements au centimètre près pour un raccordement idéal. En matière de maintenance, cette technologie facilite le travail du technicien pour un gain de temps et une efficacité améliorée. Elle apporte une vision optimisée en 3D de l’installation pour étudier le fonctionnement de l’appareil et repérer la panne. En cas de problème, une connexion avec un collègue ou le fabricant pourra alors être initialisée en quelques secondes.

 

Le BIM ne cesse de se perfectionner d’une année sur l’autre et offre déjà une maîtrise de qualité pour tous les types de bâtiment. Depuis le 15 novembre, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un nouveau plan numérique dédié au BIM avec un budget de 10 millions d’euros. Mais avec une adoption de l’ordre de 35 % en 2018, il reste encore à convaincre nombre d’entreprises. Une chose est sûre, d’ici quelques années le secteur du bâtiment sera entièrement digitalisé et d’une remarquable précision.

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.