La tech remet de l’ordre dans nos poubelles

En orbite, les satellites étudient la prolifération des déchets et l’existence d’îles entièrement constituées de plastique au beau milieu du Pacifique. Sur Terre, certains entendent faire preuve d’innovation pour stopper la production de plastiques de premier usage, entendez les plastiques flambants neufs et non recyclés. Même si la Cleantech a une empreinte énergétique importante, et supporte donc un coût environnemental, elle permet un meilleur traitement de nos déchets et leur réduction. Un mal pour un bien, on dira.

De jeunes sociétés françaises de la cleantech se sont emparées du marché du recyclage. Plast’if propose aux entreprises de recycler leurs déchets en interne via l’impression 3D d’objets. Les entreprises clientes du service ont la possibilité de suivre leur progrès grâce à la data collectée. Constater l’efficacité du geste permet d’encourager les équipes.

Parce qu’un des grands enjeux du recyclage est le tri, les projets Flexidry et R3D3 de l’agence Green Creative aident à séparer les produits de leurs emballages pour mieux les traiter une fois qu’ils perdent leur utilité première. De son côté, Versoo se spécialise dans le recyclage de gobelets jetables vers du plastique recyclé de haute qualité, prêt à entamer sa prochaine vie. Les initiatives et start-ups ne manquent pas dans le secteur.

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Dans le fameux reportage Cash Investigation dont nous vous parlions plus haut, on se rend vite compte que le recyclage n’est pas une méthode miracle et que beaucoup de déchets passent encore entre les mailles du filet écologique. Le travail humain qui vise à trier les déchets morcelés vient compléter celui des machines. Ce sont des postes laborieux et peu stimulants, ce qui explique l’important turn-over dans les centres de recyclage modernes.

Cleantech

Même si les robots dans les centrales de tri existent depuis bien des années, le potentiel salvateur de l’intelligence artificielle présente un nouvel espoir. C’est là que l’intelligence artificielle devient une solution au problème doublement technologique et humain. La reconnaissance faciale et le machine learning pourrait réduire la marge d’erreur des machines en faisant la différence entre différents types de plastiques. Ce fonctionnement pourrait être adapté à d’autres matières comme le carton, le papier et les emballages mixtes. Sans parler du fait que rendre le recyclage plus rentable, efficace et peut-être même l’universaliser permettrait un traitement à l’échelle mondiale.

Dans la foulée, la technologie reprendrait son rôle d’assistance à l’humain dans des tâches chronophages et rébarbatives. Il s’agirait donc d’améliorer la vue des robots mais aussi le travail des salariés des centres de tri. Justement qui de mieux qu’un humain pour apprendre à une machine à repérer les bons de plastiques ? On parle alors d’une revalorisation les métiers du recyclage. Coach de robot recycleur ça claque quand même !

Des machines pour réduire nos déchets

Comme l’affirmait Marine Foulon, de l’association Zero waste France dans l’Obs le mois dernier : « L’écoconception et la lutte contre le suremballage et le tout jetable sont d’autres enjeux très importants. La baisse de la consommation de plastique est essentielle. » Ici aussi, la Cleantech a son mot à dire et quelques réponses à apporter. L’entreprise Cleancup propose d’éradiquer l’utilisation des gobelets en plastique jetables. Leur machine propose des verres sous caution, une fois notre soif épanchée, on rend notre verre et récupère notre caution. La bonne nouvelle, c’est que la machine se charge de la vaisselle ! Parfait pour ceux qui laissent traîner leur mugs.

Dans le cadre d’un ciblage du problème des déchets à la source, dont fait partie la guerre contre le plastique, l’intelligence artificielle vise aussi à stimuler le « vivre autrement ». Par exemple, les Pays-Bas sont en train de construire un Green Village entièrement géré par l’intelligence artificielle. On y fera pousser des produits agricoles en format urbain et les déchets deviendront des fertilisants. Les logements s’adapteront au climat grâce à la détection de la température ambiante et à l’architecture connectée. En revanche, il vous faudra compter sur un gros PEL : pour faire l’acquisition d’une maison écologique, prévoyez au moins 200 000 à 850 000 euros. L’habitat vert et high-tech reste encore un luxe.

Un monde où l’on consommerait différemment grâce à des réflexes quotidiens plus écologiques, comme se servir de matériaux plus durables, et rincer son mug, donne les clés à la disparition des déchets superflus. L’intelligence artificielle, elle, s’attache déjà à rendre les énergies renouvelables plus rentables. La détection de zones de tension où les déchets s’accumulent plus qu’ailleurs ou de besoins de renfort en traitement permettrait d’empêcher d’envoyer littéralement des bouteilles à la mer.

 

Des solutions existent autant du côté des producteurs et industriels que de celui des consommateurs. Nous n’avons donc aucune excuse. Maintenant nous vous laisserons avec cette devinette : si 120 millions de bouteilles en plastique sont fabriquées en 2 h, pendant la lecture de cet article combien de ces dernières ont vu le jour ? Eh oui, de quoi vous donner l’envie d’investir dans une gourde fissa !

Maï Trébuil
Maï Trébuil
Digital Nomade
Je manie le verbe numérique pour partager les bonnes pratiques social media, et les écueils à éviter. Éternelle curieuse, je m'inspire de mes déambulations, avec ou sans connexion, pour mieux vivre le nomadisme digital !