Comme nombre d’entre nous, je ne suis pas le seul à regarder le ciel gris d’un œil plus noir encore lors de mon unique week-end de libre du mois. Je revérifie mon application météo et comme par hasard le petit icone en forme de soleil qui m’a décidé à venir pique-niquer au parc a laissé place à des nuages pluvieux. Tandis que je peste après Météo France en rangeant ma salade de tomates mozzarella, je me demande si un jour la météo deviendra une science exacte. Pourtant, il se pourrait bien qu’on s’en approche grâce au système de prévision mis en place par la startup ClimaCell. Elle utilise les millions de smartphones à travers le monde comme autant de capteurs pour établir des prévisions d’une justesse bluffante.

Mais d’abord, comment ça marche la météorologie ?

Malgré des sommes astronomiques investies, cette science qui consiste à observer le temps et extrapoler son évolution souffre d’un manque cruel de données. Particulièrement complexe, elle regroupe de nombreuses variables comme la température, la force du vent, l’humidité, la pression barométrique et bien d’autres. Afin de collecter toutes ses informations et étudier au mieux l’atmosphère, des équipements perfectionnés et coûteux, tels que des radars, des satellites, anémomètres, radiosondes et autres, ont été disséminés à travers la planète.

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À partir des données météorologiques actuelles, les centres spécialisés tentent de déterminer les variations du climat à venir en fonction des régions. Cela implique pléthore de calculs pouvant conduire à de dramatiques conséquences à la moindre petite erreur. Car oui, la météo n’a pas seulement pour but de prédire si vous pourrez vous la couler douce sur le balcon le samedi après-midi. Elle est capable de sauver des vies lorsqu’elle parvient à repérer des évènements climatiques pouvant conduire à de graves tempêtes ou inondations. Elle peut éviter à une ville entière de se retrouver paralysée par de fortes chutes de neige en prenant en amont les dispositions nécessaires. Pour y parvenir, elle nécessite une colossale puissance de calcul dédiée aux rares acteurs de la communauté météorologique. Une fois toutes les informations traitées, il ne reste plus qu’à diffuser au public les prévisions dans une fourchette de quelques heures à plusieurs semaines.

CBAM, le « ClimaCell Bad Ass Model » qui va changer votre vision de la météo

En plus de ses lacunes, le système de prévision classique est mis à mal par des conditions climatiques de plus en plus chaotiques. Les pluies soudaines et les tempêtes de grandes envergures se multiplient et visent bien souvent les pays les moins équipés en matière de technologie.

Fondé en 2015, ClimaCell est sur le point de révolutionner le monde de la météorologie avec une capacité de modélisation d’une précision jusqu’alors inégalée. En plus des indicateurs habituels, il multiplie les sources d’informations en puisant dans les données des millions d’appareils mobiles aux quatre coins de la planète. Son fonctionnement consiste à établir l’état de la météo, le niveau de précipitations et même la qualité de l’air à partir de l’étude de la qualité des ondes émises par les smartphones. À cela s’ajoute également un large réseau de caméras de surveillance pour atteindre un total de 500 millions de capteurs supplémentaires en comparaison aux autres centres de météorologie.

Avec un algorithme efficace, ClimaCell exploite l’ensemble des données collectées pour obtenir une image bien plus précise du climat, localité par localité. Et il compte bien le mettre à profit au plus grand nombre. D’un point de vue plus altruiste, la société se concentre également sur la prévision des catastrophes naturelles à travers le globe. Pour exemple, la ville de Chicago a connu une chute de neige de plus de 13 centimètres le 14 avril 2019. Une précipitation qui avait été jugée importante par le dispositif ClimaCell au préalable. Pourtant, les responsables météorologiques du secteur n’ont estimé sa gravité qu’à seulement quelques centimètres, causant l’annulation de plus de 700 vols et le blocage de nombreux transports.

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Début mai 2019, ClimaCell vient de lancer sa plateforme de prévision météorologique numérique CBAM. De son nom complet ClimaCell Bad Ass Model, elle ne manque pas de mordant et compte bien offrir une qualité de prédiction sans égale à la demande. Le système est capable d’obtenir une haute résolution à seulement des dizaines de mètres contre plusieurs kilomètres pour ses concurrents en la matière. Un moyen d’affiner toujours plus la précision des résultats en prenant en compte l’influence du terrain et des infrastructures. Il affiche un temps de mise à jour record avec seulement quelques minutes contre 1 à 6 h pour les autres interfaces. Mais c’est surtout sur sa surface d’action qu’il se distingue en intervenant partout dans le monde. Entièrement personnalisable, CBAM se prête à de nombreuses utilisations spécifiques ou non. De quoi bénéficier de prévisions météo de qualité en toute simplicité !

En plus de ne plus gâcher mon week-end de repos, ClimaCell pourrait bien limiter les dégâts de nombreuses catastrophes naturelles grâce à la précision de ses prévisions climatiques. Un modèle disruptif qui, on l’espère, va apporter un vent de renouveau dans le secteur de la météorologie en proie à un climat toujours plus capricieux et difficile à prédire. Une histoire de réchauffement climatique en somme…

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.