Bruce Wayne peut aller remballer son costume

Soyons objectifs, difficile d’imaginer Elon Musk combattre le crime à la nuit tombée dans un costume de latex, même armé du lance-flammes de sa Boring Company. Par contre quand il s’agit d’affaires, l’homme de 46 ans originaire de Pretoria en Afrique du Sud a clairement fait ses preuves.

À seulement 12 ans, il est déjà atteint par le virus de l’entrepreneuriat et vend son propre jeu vidéo pour 500 dollars. À 24 ans, il crée Zip2, un éditeur de logiciel de publication de contenu en ligne qu’il cède, 4 ans plus tard, à Compaq pour 341 millions de dollars. Mais Musk ne s’arrête pas là et fonde aussitôt la banque en ligne X-com qui deviendra PayPal. En octobre 2002, Ebay rachète la société pour un montant record de 1,5 milliard de dollars.

Ses succès répétés auraient pu suffire à nombre d’entre nous pour ranger la cape et aller se faire dorer la pilule sur une plage paradisiaque durant les quatre prochaines vies. Mais celui qui a inspiré le personnage de Tony Stark dans le film Iron Man ne compte pas stopper son ascension et rêve désormais de conquérir l’espace. Il fonde SpaceX en 2002 et y investit 100 millions de dollars avec pour but principal d’abaisser les coûts de lancement des véhicules spatiaux. Enfin en 2008, il prend la direction du constructeur de voiture électrique Tesla.

Depuis, Elon Musk est sur tous les fronts. Il tente de révolutionner le futur de toutes les manières possible et fourmille d’idées pour y parvenir. Le magazine Fortune le nomme homme d’affaires de l’année en 2013 et quatre ans plus tard sa fortune est estimée à plus de 20 milliards de dollars. Le 6 février 2018, il réalise un exploit et un buzz monumental avec le lancement de la fusée Falcon Heavy de SpaceX. Deux étages sur trois sont revenus se poser sur Terre et une Tesla Roadster rouge a été lancée en orbite autour de la Terre. Souvent excentrique, Elon Musk sait également faire preuve d’une remarquable ingéniosité pour arriver à ses fins. Jusqu’où ira-t-il ? Et que devra-t-il sacrifier au nom de son ambition ?

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

Elon Musk, c’est des projets en pagaille, et près de 120 heures par semaine passées au bureau. Évidemment, on n’atteint pas son statut sans un travail acharné. Entre les coups de pub, le lancement de fusées dans l’espace et la gestion du groupe Tesla, le cerveau du milliardaire tourne non-stop à plein régime.

Il envisage depuis un moment le futur de l’Internet par le biais de satellites en orbite pour un très haut débit partout sur le globe. Deux ont déjà été lancés et Space-X prévoit d’en envoyer plus de 4000 à partir de 2019. Le secteur des transports est également dans sa ligne de mire avec la volonté de créer un train à grande vitesse nommé Hyperloop, reliant New York à Washington à travers un tunnel souterrain. Parmi différents projets comme l’intelligence artificielle et les implants neuronaux, c’est bien la conquête de Mars qui paraît la plus approximative. Mais avec ce que l’homme a accompli en si peu de temps, qui sait ce qu’il réalisera à l’avenir ?

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À le voir se lancer à corps perdu dans toutes ses aventures, on pourrait aisément croire qu’Elon Musk a plusieurs vies. Or, à moins qu’il ait trouvé le moyen de se cloner, il est évident qu’il ne compte pas ses heures pour réaliser tous ses rêves, aussi fous soient-ils. Dans le travail, il apparaît comme un homme exigeant et connu pour ne rien déléguer. Au sein des entreprises Tesla et Space-X, Elon Musk est très présent sur les différents sites. Une attitude qui lui attire le respect et l’admiration de nombre de ses employés. Entièrement investi dans son travail, il n’attend d’eux rien de plus que ce qu’il s’impose lui-même. Il ne s’entoure que de personnes ultras motivées et passionnées dans leurs missions. Car le patron de Tesla passe tellement de temps à l’usine que des internautes se sont cotisés pour lui payer un canapé convenable pour ses siestes. L’initiative a de quoi faire sourire, mais prouve bien l’implication excessive du milliardaire pour son métier.

Les frasques d’un surhomme au bord de l’explosion

À trop en faire, ne finit-on pas tous par se perdre ? C’est en tout cas ce qui apparaît ces dernières semaines après les bévues à répétitions d’Elon Musk. Entre surmenage et addiction à Twitter, l’Iron Man perd soudainement son armure étincelante à grands coups de bourdes monumentales.

En juillet, vexé que l’on qualifie son aide de coupe de pub lors du sauvetage des enfants thaïlandais, il traitait un sauveteur britannique de pédophile sur le réseau social. Les excuses n’y changeront rien, le mal est fait et l’image de l’entreprise Tesla, comme son cours à Wall Street, chute. Le 7 août, il annonçait son projet de retirer la cote en bourse de Tesla avant de se rétracter. Il n’en fallait pas moins pour qu’on l’accuse d’avoir voulu manipuler le prix de l’action et qu’une enquête de la SEC soit ouverte. Si bien que son équilibre mental est remis en question, de même que sa capacité à gérer le groupe.

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Son conseil d’administration lui recommande fortement de ne plus utiliser Twitter, car ses sauts d’humeur sur le réseau du petit oiseau bleu nuisent clairement à la bonne marche de ses entreprises. Le super héros a déjà beaucoup perdu de sa superbe et devrait commencer à réfléchir minutieusement avant de taper !

Le 18 août, il avouait au New York Times être au bord de la rupture, subir beaucoup de stress et avoir développé une addiction aux somnifères. Il confiait également n’avoir pas arrêté de travailler plus d’une semaine depuis 2001. Pour la première fois, Elon Musk se montrait tel qu’il est, un homme comme les autres, ou presque. Mais il y a quelques jours, il a fait de nouveau plonger le cours de Tesla en donnant une interview surréaliste à un podcast retransmis sur le web. Il y apparaît notamment en train de boire du whisky et fumer du cannabis. Pas sûr que cette solution était la meilleure pour rassurer les investisseurs, car la confiance qu’on lui accorde est depuis sérieusement remise en question.

Cette nouvelle incartade du milliardaire marque-t-elle un point final à une série qui lui aura coûté cher ? Pour se rattraper, il vient de nommer le français Jérôme Guillen à la tête de l’entreprise automobile Tesla. Cela laissera le temps nécessaire à Elon Musk pour souffler et se reconcentrer pleinement sur les projets qui lui tiennent à cœur. Préparez-vous, Iron man n’a pas dit son dernier mot !

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.