Ne devrait-on pas s’émerveiller pour les efforts des fabricants à protéger notre futur plutôt que de pouvoir plier un écran ou autres ? Car à bien regarder la liste des conséquences désastreuses de l’industrie des smartphones sur la planète et ses habitants, il y a de quoi se sentir coupable. À elle seule, leur fabrication alimente les inégalités sociales et porte atteinte au respect de l’environnement. Après des années à pianoter sur mon iPhone sans me soucier de rien d’autre que de ma prochaine application, il était plus que temps de prendre conscience des efforts réalisables à mon niveau. Je me suis donc intéressé de plus près à une alternative durable et plus équitable proposée par le nouveau Fairphone 3. D’une esthétique semblable aux nouvelles versions de smartphone, il mélange habilement efficacité avec une chaîne de fabrication plus transparente.

Le smartphone, nouvelle arme de dérèglement écologique massif

En quelques années, les smartphones sont rapidement devenus des dispositifs incontournables dans nos vies. Essentiels diront certains. Mais à l’heure où l’écologie devient une nécessité pour préserver l’avenir, le temps est venu de s’interroger sur le processus de fabrication de ces bijoux d’électronique si chers à nos cœurs. Plus de trente minerais ou métaux précieux sont utilisés pour la réalisation des circuits imprimés, de la batterie et de nombreux autres composants. Et comme le détaille la dernière étude de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), l’impact environnemental, social et sanitaire de la production de smartphones est loin d’être satisfaisant. De l’extraction des matières premières, en passant par les usines de fabrication et jusqu’au cheminement des déchets électroniques, leur transport équivaut à quatre fois le tour de la planète. Avec près de 50 smartphones vendus par seconde, leur responsabilité dans la quantité d’émissions de gaz à effet de serre ne cesse d’augmenter.

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Il faut bien savoir que la majorité des ressources mondiales de tantale se concentrent dans la République Démocratique du Congo. Essentiel à la fabrication des smartphones, ce minerai constitue le moyen principal pour financer les conflits meurtriers qui gangrènent le pays. Les différentes mines dont sont extraits les matériaux à travers le monde se caractérisent souvent par une pollution accrue, un recours au travail par des enfants, des méthodes illégales, le tout avec des salaires scandaleux et dans des conditions dégradantes. Majoritairement situées en Chine, les usines d’assemblage profitent d’un coût du travail particulièrement bas. Les problèmes d’âge des travailleurs et d’emplois sous-payés y sont les mêmes que pour le reste de la chaîne.

La démarche équitable du Fairphone 3 à la loupe

Totalement transparente sur la traçabilité de sa production, l’entreprise hollandaise à l’origine du Fairphone propose une alternative plus équitable. Pas question de cacher les origines de ses composants. Elle participe activement à l’amélioration des conditions de travail des acteurs œuvrant dans la conception de ses produits. L’étain et le tungstène sont uniquement récoltés dans des zones sans conflits et sourcés de manière responsable. L’approvisionnement en cuivre, or et matières recyclées est conforme au label Fairtrade. Les marchandises sont ainsi issues du commerce équitable par le biais de conditions de travail décentes et achetées à un prix juste. Il en est de même avec le cobalt, le néodyme, le tantale et le lithium. Les équipes de Fairphone contrôlent elles-mêmes le respect de ces consignes sur place, à commencer par le Congo.

En collaborant avec la société d’assemblage Arima, elles tentent de favoriser la satisfaction des travailleurs et leur santé. Une prime leur est notamment versée pour limiter les différences entre salaire minimum et salaire vital. Bien qu’il ne soit pas encore possible de fabriquer un téléphone 100 % équitable, leur objectif pour les années à venir est de créer une chaîne de production toujours plus responsable.

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Votre téléphone ne marche plus ? Il est devenu plus simple aujourd’hui d’en changer que de le réparer. Une démarche qui profite aux grandes entreprises et les dégage d’une partie de leur responsabilité sur le plan environnemental. Pour éviter cela, le Fairphone 3 se montre aisément recyclable et réparable. Divisé en 7 modules, l’appareil se démonte avec un simple tournevis. Il propose un accès simple aux pièces détachées afin de s’adonner soi-même au remplacement d’un composant ou d’écran cassé. Une méthode qui contribue à garder son smartphone plus longtemps et à réaliser une économie de plus de 30 % d’émissions de CO2.

L’initiative de Fairphone continue en favorisant la lutte contre les déchets électroniques. Elle soutient les programmes de collecte dans divers pays et rétribue les utilisateurs qui retournent leur appareil par le programme de recyclage de l’entreprise.

fairphone smartphone

De la performance sans oublier le monde qui nous entoure

La première mission du nouveau Fairphone 3 est de faire preuve d’une grande durée de vie au travers de son architecture modulaire. La seconde est d’offrir une qualité tout en restant abordable et respectueux d’une ligne de conduite équitable. Ses facultés techniques se basent sur un processeur Qualcomm 632 haute performance, un robuste écran Gorilla Glass 5 et un minimum de 64 Go de mémoire. Facile à prendre en main avec son interface logicielle, il procure une expérience utilisateur qui n’a rien à envier à ses concurrents, même en cas de faible luminosité.

Il se démarque de la version précédente avec la mise en place d’appareils photo dernière génération. On retrouve un 8 mégapixels en façade et un 12 mégapixels équipé d’un capteur Sony IMX363 au dos. Ce dernier affiche un excellent capteur identique au Google Pixel 3, réputé comme l’un des smartphones les plus performants du marché en termes de photos.

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En plus d’une facilité à monter et démonter, le Fairphone 3 possède désormais de sérieux atouts techniques pour rivaliser avec les divers modèles du marché. Fiable et durable, il profite également d’un design repensé qui gagne en élégance et en finesse. De quoi opter pour une solution bien plus écologique et équitable, en profitant des mêmes fonctionnalités que les autres smartphones. Il permet de lire ses mails, sa musique, ses vidéos ou de surfer sur internet et les réseaux sociaux en toute décontraction. Seuls les jeux vidéo les plus complexes pourraient être ralentis.

Vendu avec une coque de protection dans un emballage réutilisable, il est disponible en prévente sur le site du constructeur et en exclusivité chez Orange. Il sera distribué au prix de 450 € d’ici quelques jours en boutique dans toute l’Europe.

 

S’il y a bien un produit loin d’être écologique, c’est le smartphone. Pourtant le Fairphone 3 montre qu’il est encore possible d’atténuer l’impact négatif sur la planète de sa production et de son utilisation. Pour y parvenir, l’entreprise mise sur une démarche éthique et la possibilité de modifier ou réparer son propre téléphone au fil du temps. Une belle initiative, qui on l’espère convaincra de nombreux utilisateurs à l’adopter. 

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.