Dessiner la carte et le territoire d’initiatives innovantes

En 2030, nous serons 60 % à vivre en milieu urbain d’après une étude McKinsey (1). Comment est-ce que les infrastructures feront face à cette population grandissante et de ses besoins disparates ? Saurons-nous remédier aux problèmes de pollution causés par nos véhicules ?

Comment le numérique peut-il apporter des solutions à l’urgence climatique et aussi soutenir la mixité sociale ? Ce sont les questions que se sont posées par les équipes du pôle de compétitivité Cap Digital, en se basant sur les usages de ses membres du pôle compétitivité. La cartographie des tendances 2018/2019, reflète les enjeux auxquels s’attaque l’innovation numérique au travers de 6 grands marchés (2) :

  • Industries & services
  • Technologies, data & IA
  • Education, formation & RH
  • Santé
  • Culture, média & publicité
  • Ville durable & transition écologique

Au travers de cette exploration, le cabinet chasse les traces d’innovations. Créatrices de valeur et d’emplois, ce sont les meilleures armes pour défaire les monopoles mondiaux et ralentir leurs dérives, elles-mêmes responsables de la propagation des maux que tout citadin rencontre aujourd’hui : la pollution, l’isolement, la disparité. La programmation du festival tente de répondre aux questions liées à ces 6 thèmes cruciaux à l’essor de notre société future.

Dessiner une société vertueuse

Beaucoup de questions restent encore sans réponses quant aux contours de la société de demain. On aura beaucoup entendu parler du rôle central de l’IA et de la blockchain, mais il est important de pointer d’autres avenues comme l’open source et le Creative commons. Ces concepts intimement liés à la naissance du web, qui a soufflé ses trente bougies cette année, seront passés en revue sous la bannière de l’E-cratie lors de la soirée du jeudi 13 juin à partir de 17 h.

Avec une citoyenneté en ligne en plein essor, la pétition remplacera-t-elle les bureaux de vote ? Le phénomène a battu un nouveau record cette année avec la pétition : « l’Affaire du Siècle », récoltant deux millions de signatures pour soutenir le recours en justice contre l’État pour son manque d’action en faveur de l’environnement. Tout au long de Futur·e·s, les conférences sur ce thème explorent les démarches et les outils vers une démocratie participative à l’air de l’hyper-connexion. Impossible de parler d’e-cratie sans mentionner Greta Thunberg et cette jeunesse, dont le français Vipulan Puvaneswaran, qui se mobilisent pour dénoncer les conséquences de l’ignorance des générations passées qui ont tourné le dos à l’urgence climatique. Comment pouvons-nous les soutenir pour passer des cris, des grèves à des actions constructives ? C’est ce que vise à déterminer une partie du programme du jeudi 13 juin.

Pour réinstaurer un internet ouvert, où les solutions sont partagées pour le bien de tous, les low-techs, aussi appelées innovations frugales, viennent parer à la fracture numérique des pays où l’accès quotidien à internet reste un luxe. Dans ce cadre, le slow web essayera de nous détacher des usages immédiats, nous invitant à ralentir et à faire un usage plus vertueux de nos outils numériques.

Ce concept de sobriété numérique ne plane pas à trois milles, il est bel et bien ancré dans les enjeux de demain : on ne le répètera jamais assez, même immatériel, le numérique pollue. Pendant la soirée du jeudi 13 juin, une table ronde inspectera la manipulation des masses par l’algorithmie et tentera de réfléchir à comment hacker ces systèmes, sources de bulles cognitives coupables de la fragmentation de nos sociétés. C’est l’occasion d’ouvrir les yeux sur le web tel qu’il est aujourd’hui et adopter les bonnes habitudes pour rectifier le tir !

Hacker le chantier de la ville durable

La Tech semble être la réponse à tous les problèmes des citadins d’aujourd’hui, vous ne trouvez pas ? En effet, cela fait des décennies que l’imaginaire collectif fantasme la ville de demain. Des taxis volants comme dans Le Cinquième Elément à la livraison par drone, la barre est haute !

Face aux urgences sociétales et climatiques, reprendre la main sur la ville devenue jungle, incontrôlable, est devenu une urgence. L’objectif ? Échapper à un quotidien dicté par le chaos des espaces surpeuplés devenus incohérents. Certes, le paysage urbain doit changer, comment est-ce que les architectes s’inspirent du biomimétisme (toute innovation qui imite des mécanismes trouvés dans la nature) ? C’est ce qu’explorera la table ronde intitulée «Hacker la ville pour plus de biodiversité : résolutions ». Ultra-connectées, les infrastructures urbaines serviront nos désirs et intégreront la biodiversité. Cette bien belle image est-elle réaliste ? Ne serions-nous pas en plein exercice de greenwashing à outrance ? Réponse le jeudi 13 juin à partir de 9 h 45 sous la thématique de la ville durable.

Parce que la ville de demain a plusieurs facettes, nous partirons ensuite pour l’Afrique. Nous en parlions il y a peu de l’Africa tech, le continent de choix pour les start-upers et entrepreneurs, vit une évolution différente, en parallèle de celle de l’Europe, suivant les règles de son écosystème numérique et ses propres priorités. Le jeudi à midi, une masterclass intitulée « Le·s Futur·s de la ville s’inventent en Afrique » menée par Stephan-Eloïse Gras, partenariats stratégiques en Afrique chez Openclassroom et cofondatrice d’Africa 4 Tech, dissèquera la terre d’innovations que constitue aujourd’hui le continent africain.

L’innovation pour survivre

Manger au cœur de la ville du futur ?

Nourrir une population croissante avec des ressources d’ores et déjà sous tension occupe bien des programmes de recherche et des start-ups. L’Agri tech qui cherche des solutions à ce problème arrivera-t-elle à satisfaire les besoins nutritionnels de tous ? Du local, du bio et de l’abordable, comment est-ce que l’innovation répondra aux attentes des consommateurs de demain ? Un début de réponse : l’ultra local débarque en ville avec l’agriculture aéroponique en container. D’autres plateformes tentent de réduire la distance entre les campagnes et les centres urbains. Enfin, le très controversé rapport aux animaux comme nourriture trouvera-t-il une réponse dans l’invention de la viande-sans-viande ?

De leur côté, les start-ups férues de plateformes de commandes et de livraison à domicile n’ont fait que d’encourager une certaine paresse et déconnexion de la nourriture. Des repas tout prêts livrés à domicile ont certainement servi les paresseux, on voit l’émergence d’un mode de vie où il n’y a pas de place pour l’alimentation faite maison. Comment pouvons-nous nous nourrir autrement et en phase avec nos quotidiens à mille à l’heure ? Rendez-vous jeudi de 14 h à 16 h 15 à la Chapelle du turfu pour parler alimentation innovante.

 

Des robots et des bobos

La silver économie n’a jamais été aussi porteuse. À quoi bon bénéficier d’une longévité exceptionnelle si la technologie ne parvient pas à rafistoler nos vieux os ? Par l’invention de prothèses performantes comme Agilis, une technologie qui redonne la mobilité aux personnes paralysées, le transhumanisme permettra de maintenir une bonne qualité de vie, vers une vieillesse plus pleinement vécue. Sans nul doute, le numérique permettra de sauver plus de vies, mais pas comme on le pense. On voit une application concrète dans l’application Tralelho qui traduit 50 questions vitales posées lors de la prise en charge à l’hôpital dans plus de 200 langues, réduisant ainsi l’isolement culturel et la barrière de la langue.

Puis ce sera le bras de fer avec l’e-santé et la big data qui la nourrit. Les systèmes, qui améliorent la qualité de l’accueil en milieu hospitalier grâce à l’intelligence artificielle, exploiteront-ils notre vie privée à tort et à travers ? Existe-t-il un degré d’anonymat idéal pour permettre un meilleur service de santé tout en nous protégeant des acteurs peu scrupuleux ? Le Forum des futurs, hébergé dans la Galerie des Gobelins, s’attaquera aux enjeux de la Tech care le jeudi à partir de 14 h.

 

Se faire une joie d’aller au boulot

L’arrivée de l’intelligence artificielle au travail est une source d’anxiété, toutefois, que l’on soit pour ou contre, elle s’installe doucement dans nos postes de travail. La question se pose, quelle est la place de l’innovation dans les bureaux et les workflows quand une partie des travailleurs encourent le risque de perdre leur emploi par sa faute ? L’innovation et les nouveaux usages au sein du travail ne peuvent prendre racine sans une transformation en profondeur de la culture d’entreprise. C’est autour de ce sujet que ce concentre la matinée du vendredi 14 juin sous le thème des « sociétés apprenantes» au Forum des futurs.

La révolution du travail est profondément humaine, c’est d’ailleurs cela qui a mené une minorité grandissante d’entre nous à prendre le chemin du freelance, en quête d’indépendance et de liberté. D’autres ont trouvé le moyen d’entreprendre au sein des grandes entreprises avec l’intraentrepreneuriat. De son côté, le financement des start-ups peine encore à faire preuve de mixité, les femmes se battent toujours contre le plafond de verre des investisseurs. Enfin, l’auto-promotion, peu respectée par les générations actuelles, est en train de se creuser une place au cœur de la société professionnelle numérisée. La pudeur professionnelle s’est dissoute par écrans interposés. En tête de liste, on pense aux mises en scène sur Linkedin, terrain de jeu des rapports socio-professionnels libérés. C’est sur ces multiples courants de la vie professionnelle que s’achèvera la matinée du vendredi 14 juin.

Pendant deux jours, Futur·e·s sera sans aucun doute le théâtre de débats et d’idées émergentes sur le rôle du numérique et de l’innovation face aux enjeux sociétaux et climatiques de demain. Aux thèmes principaux s’ajoutent la culture, les tendances musicales, une mode plus vertueuse et l’effet social du phénomène Fortnite, véritable espace virtuel théâtre de rencontres en ligne. Une expérience de l’innovation à 360° qui explore tous les recoins de la vie de demain, un rendez-vous renversant et inspirant à ne pas manquer.

 

Le magazine Chut ! est partenaire de l’événement. Pour vous inscrire, rendez-vous ici.

Maï Trébuil
Maï Trébuil
Digital Nomade
Je manie le verbe numérique pour partager les bonnes pratiques social media, et les écueils à éviter. Éternelle curieuse, je m'inspire de mes déambulations, avec ou sans connexion, pour mieux vivre le nomadisme digital !