Les amateurs de films futuristes vont en avoir pour leur compte. Entre robotisation et digital, la technologie permet de gagner un temps précieux et favorise considérablement l’expérience client. Macdonald avait déjà supprimé les commandes au comptoir pour un panneau tactile et de nombreux restaurants ont équipé leurs serveurs de tablettes connectées en WiFi à la cuisine. Mais aujourd’hui des établissements vont encore plus loin et je dois bien avouer que l’envie ne manque pas de tester les tables tactiles et la cuisine des robots cuisiniers. Alors, ajustez votre serviette sur les genoux et voyons ensemble les prémices de l’avenir de la restauration.

Une tablette pour 6 près de la fenêtre ? Après vous.

Plus le temps passe, plus les écrans sont omniprésents dans nos vies. Pour preuve, dès 4 ans les enfants maîtrisent mieux les tablettes tactiles que leurs parents. Il n’en fallait pas plus pour voir arriver les premières tables tactiles dans les restaurants. Le précurseur en la matière se nomme Inamo, un restaurant asiatique basé à Londres, qui depuis plusieurs années régale ses clients entre plats de toutes sortes et une utilisation très appréciée de la technologie.

On y trouve toujours un serveur, mais les commandes se font directement depuis votre table où vous retrouvez l’ensemble de la carte et toutes les informations sur les ingrédients utilisés. Fini les serveurs indisponibles qu’on passe son temps à surveiller du coin de l’œil pour tenter d’attirer leur attention. Vous contrôlez l’essentiel directement depuis votre siège.

Installez-vous confortablement et débutez l’expérience selon vos envies du moment. Si vous jetez un coup d’œil au-dessus, vous remarquerez un projecteur qui envoie les images et réagit en fonction des instructions du pavé tactile. Commencez par choisir la trame de fond que vous souhaitez pour votre table. Briques, bois, ciel étoilé ou calligraphies japonaises, il ne tient qu’à vous d’en décider et de régler l’intensité de l’éclairage. Une fois votre commande envoyée en cuisine via Bluetooth, un serveur ne tardera pas à vous l’apporter à table. Si vous vous ennuyez en attendant, des jeux vidéo sont disponibles et se montreront pratiques pour occuper les enfants. Il ne vous reste plus qu’à demander l’addition d’un simple clic et même appeler un taxi si vous le souhaitez.

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Les tables tactiles existent également en France. On commence par la restauration rapide chez Max à table avec ses hambourgeois et salades à commander en ligne ou depuis une des tables interactives du restaurant. Basé à Bordeaux, le concept a de quoi séduire une clientèle jeune et dynamique avec des produits de qualité et de nombreux jeux pour vous faire patienter dans une ambiance chaleureuse et ludique. Un phénomène qu’on risque de voir s’implanter prochainement un peu partout dans l’Hexagone.

Vous êtes plus branché cuisine gastronomique, rendez-vous au Touch’In dans le 9e arrondissement de Paris. Avec une partie de son bar restaurant proposant des tables tactiles, il mélange habilement tradition et modernité avec des spécialités culinaires finement préparées et des cocktails variés. Visualisez le menu, commandez, appelez un serveur, accédez à votre profil Facebook et à bien d’autres fonctionnalités depuis votre place en toute simplicité.

Un service robotisé aux petits oignons

Pour ceux qui n’ont pas digéré la saga Terminator et qui soupçonnent Skynet d’attendre son tour tapi dans l’ombre, les lignes qui vont suivre risquent de vous faire dresser les cheveux sur la tête. Car les robots envahissent nos espaces de restaurations pour de bon. Rassurez-vous, ce ne sont pas eux qui décident de ce qu’ils mettent dans votre assiette… du moins, pour le moment.

Débutons notre tour d’horizon des robots cuistots avec Spyce, un restaurant créé par deux jeunes ingénieurs du MIT et sous la direction du chef étoilé français Daniel Boulud. Située à Boston, l’enseigne permet à ses clients de bénéficier de préparations culinaires de qualité en seulement trois minutes. Pour cela, elle se compose d’un système entièrement robotisé pour réaliser de délicieuses recettes nutritives à base de légumes bio et de poulet, vegan ou sans gluten. Pour assurer le bon fonctionnement de l’ensemble, le restaurant compte tout de même sur la présence d’employés chargés notamment du réapprovisionnement des machines. Le concept permet de diminuer les coûts pour des plats appelés « bowls » de types indiens, libanais ou marocains à partir de 6,5 euros.

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Pour aller toujours plus loin en matière de robotique, on ne pouvait s’empêcher de faire un crochet par la Chine. Le géant Alibaba et ses restaurants Robot. He ont totalement remplacé les serveurs. On y voit de petites machines roulantes vous apporter un plat, non sans vous souhaiter un bon appétit avant de repartir. Son grand rival, JD.com a annoncé l’ouverture de 1000 établissements totalement robotisés, de la cuisine à la salle, pour 2020.

Les deux monstres de la high-tech n’ont pas fini de se livrer bataille dans une optique d’amélioration du service tout en abaissant le coût du travail. Un objectif qui passe par des technologies robotiques de plus en plus poussées. En attendant, les clients ne s’en plaignent pas avec un tarif par menu divisé par trois et se présentent nombreux dans la file d’attente pour être servis par un robot.

 

Le monde change et quoi qu’on en dise, nous avec. De là à ce que les robots remplacent complètement nos chefs cuisiniers, surtout en France, la pilule reste en travers de la gorge. Mais sans aller dans la grande gastronomie, le phénomène risque bien de s’immiscer dans nos vies pour les années à venir. Avec les écrans tactiles, la robotisation et bientôt les hologrammes, le rôle du serveur est de plus en plus menacé. On en reparle en 2030 ?  

 

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.