Malgré les progrès de la science, il est parfois difficile d’imaginer que l’on puisse imprimer une voiture comme on imprime son justificatif de domicile. Pourtant, le principe est sensiblement le même et se démocratise vers une utilisation qui risque de changer le quotidien de multiples secteurs d’activités. La semaine dernière, je cherchais désespérément un objet design pour la décoration de mon mariage, que je n’ai finalement jamais trouvé. D’ici quelques années, il me suffira d’entrer les paramètres dans l’imprimante 3D du salon pour le fabriquer. Plutôt cool, non ? Je dois bien avouer qu’il me tarde d’essayer. Mais le grand bouleversement à venir se fera tout d’abord dans les cycles de fabrication de nombreuses industries.

S’il vous plaît... imprime-moi un mouton !

Si Antoine de Saint Exupéry était né dans les années 2000, c’est peut-être bien ce qu’il aurait écrit. Car bientôt l’impression 3D pourrait bien devenir aussi facile qu’un simple dessin. Mais alors que certain la qualifie déjà de nouvelle révolution industrielle, pourquoi un tel engouement ?

Son principal intérêt est sans aucun doute sa rapidité d’exécution. De la phase de conception à la réalisation, jamais un processus de fabrication n’a été aussi rapide. Prenons l’exemple d’une voiture. Car oui, pour ceux qui l’ignorent, le premier prototype de voiture imprimée en 3D a été effectué 9 ans auparavant par l’entreprise Urbee en 2010. Pour concevoir un véhicule, un grand nombre de pièces spécifiques sont nécessaires. Il faut fabriquer chacune d’entre elles, puis les assembler, ce qui implique des heures et des heures de main d’œuvre. L’imprimante 3D réunit toutes ses étapes en une seule. Non seulement elle permet de gagner un temps précieux pour proposer des délais records, mais diminue considérablement les coûts.

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Là où l’impression 3D se distingue le plus, c’est dans sa capacité à mettre en œuvre toutes les formes qui vous passent par la tête. Contrairement à des machines prédéfinies pour un modèle précis, une imprimante 3D se plie à vos désirs et est capable de réaliser des pièces aussi complexes que fantaisistes. Les designers vont pouvoir s’en donner à cœur joie, notamment dans la réalisation de prototypes. Autrefois très coûteux, la réalisation d’un modèle expérimental devient beaucoup plus accessible grâce à cette technologie.

Cet ensemble de facultés propres à l’impression 3D permet aux professionnels de proposer une production à la demande, et aux particuliers de bénéficier de produits sur mesure dans des secteurs parfois surprenants. Imaginez une seconde pouvoir paramétrer un bijou selon la forme, la taille, le style et le matériau de votre choix. C’est déjà possible avec le configurateur de Nervous Systems. De quoi personnaliser la bague idéale pour toute demande en mariage ! De la même manière, finis les problèmes de pièces détachées qui n’existent plus. L’impression 3D devient un moyen idéal de produire des objets particuliers dans l’urgence. Mais elle se présente surtout comme un futur moyen de personnalisation à la demande.

Besoin d’un vêtement, d’un organe ou d’une maison ? Ne bougez pas, je vous imprime ça de suite !

Vous l’aurez compris, dans les décennies à venir, les industries traditionnelles vont devoir s’adapter pour continuer à être compétitives. L’impression 3D ouvre de nouveaux horizons à de nombreux domaines d’activités. En offrant un potentiel illimité en matière de design, elle s’invite dans l’art, la décoration, la joaillerie, la chaussure et bien sûr la mode. Entre les vêtements de haute couture et les textiles aux formidables propriétés pour les sportifs, l’avenir regorge de surprises.

Parmi les secteurs les plus médiatisés, difficile de passer à côté de la médecine et de ses organes imprimés. Les progrès en la matière abondent, permettant aujourd’hui de recréer du cartilage d’oreille, des muscles et même des os à l’aide de matériaux biologiques et d’une imprimante 3D spécifique. Récemment, des chercheurs américains ont développé un système de bio-impression capable d’imprimer de la peau directement sur les patients victimes de blessures ou de brûlures graves. Mais il n’y a pas que dans les milieux très médiatisés que la technologie va se faire une place indiscutable et nombre de chaînes de production pourraient voir un jour la concurrence les disrupter.

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Les dimensions des impressions 3D ne semblent pas avoir de limites et la construction de maisons n’y fait pas exception. En France comme à l’étranger, les projets d’architecture imprimés en 3D pullulent. En se perfectionnant d’année en année, les machines sont déjà capables de remplacer la main-d’œuvre de nombreux corps de métiers. Surtout qu’en plus d’être efficace, une imprimante 3D dans le bâtiment s’avère écologique en n’occasionnant aucun déchet et en économisant une grande quantité de matériaux à forte empreinte carbone.

On retrouve l’impression 3D dans d’autres métiers et même certains auxquels on ne s’attend pas comme la restauration. Pour en découvrir tous les aspects et les futures applications, le salon 3D print se déroulera à Lyon Eurexpo du 4 au 6  juin 2019. Avec 300 exposants et plus de 80 conférences, il regroupe les innovations d’un marché qui devrait dépasser les 36 milliards d’euros dans les dix prochaines années.

 

Comme tout droit sortie d’un roman de science-fiction, l’imprimante 3D arrive peu à peu à maturité et risque de bouleverser le monde industriel. Bien qu’elle laisse planer une ombre menaçante en matière de protection intellectuelle, cette technologie apporte des gains indéniables dans l’ensemble des processus de fabrication. Mais pour ceux qui s’inquiètent déjà des machines capables de remplacer la main d’œuvre, on est encore loin de voir l’ensemble des métiers de la fabrication et de la production disparaître.

 

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.