Consommer bio, c’est un premier pas que nous sommes de plus en plus nombreux à faire. Mais ne faut-il pas aussi consommer local ? Ou je veux en venir ? S’il est devenu essentiel de s’intéresser au mode de fabrication d’un produit, il faut également prendre en compte son moyen de transport, surtout à l’ère d’une économie globalisée et lorsqu’on sait aujourd’hui ce que consomment les transports de marchandises. Par exemple, l’aviation représente aujourd’hui 2 % des émissions de CO2 dans le monde et l’ensemble du commerce maritime en 2015 a émis 932 millions de tonnes de CO2. Et pourtant, les transports ne seraient plus les seuls à devoir être montrés du doigt. En effet, Internet n’est pas à la traîne puisqu’il polluerait 1,5 fois plus que l’aviation. En route pour un tour d’horizon sur ce web de notre quotidien.

La face cachée de l’iceberg

On pense bien souvent que numériser un document, faire une déclaration ou acheter en ligne sera plus écologique que son équivalent physique. Pourtant, ce n’est pas parce que le numérique est immatériel que son impact n’en est pas pour autant réel.

Smartphones, ordinateurs, tablettes et objets connectés produisent tous de la métadonnée (localisation, horaires et langue de navigations, etc.) en permanence qui est ensuite envoyée sur des serveurs et représente un impact environnemental non négligeable.

Une recherche sur Internet consomme 3,4 Wh (0,8 g d’équivalent CO2) environ. Avec une moyenne de 10 recherches par jour, un internaute émet presque 3 kg de CO2 par an. Un informaticien émet facilement 10 fois plus et il s’agit uniquement de recherche… Il faut rajouter à cela l’envoi de mails, le stockage d’informations sur le Cloud, le streaming vidéo, etc.

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Face à ce constat, arrêter d’utiliser Internet semblerait être un choix un peu extrémiste et difficilement tenable. Désormais, même ceux dont le métier ne dépend pas d’un ordinateur se retrouvent utilisateurs d’un modèle de société qui a tendance à tout numériser : les services sociaux, les obligations citoyennes, la consommation, etc.
Comment alors adapter l’utilisation d’Internet à un emploi plus responsable ?

Points d’approches

Les deux pratiques qui produisent le plus de dégâts environnementaux sont le streaming vidéo, qui à lui seul représenterait 80 % du trafic mondial dès 2020, ainsi que les emails, stockés sur des serveurs travaillant en permanence qui chauffent à mesure qu’ils se remplissent. Les data centers sont des lieux où des centaines de serveurs sont allumés en même temps. Ils consomment énormément d’électricité à la fois pour fonctionner et pour se refroidir.

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Les données varient d’une source à l’autre, mais le cycle de vie d’un email d’un mégaoctet produit en moyenne entre 7 et 20 g de CO2, l’équivalent d’une ampoule de 12 W allumée pendant 20 min à 1 h.

  • Parmi les bonnes pratiques à mettre en place, il existe l’optimisation des documents envoyés par email pour réduire le poids du message. L’envoi d’un lien hypertexte à celui d’une pièce jointe est préférable. Avec un transfert de document sur un service du type WeTransfer, le document sera automatique effacé au bout de 7 jours alors que dans votre boîte mail, il risque d’y rester pour toujours…
  • D’autres bonnes pratiques peuvent être mises en place, comme le fait de supprimer régulièrement ses mails et surtout de vider sa corbeille régulièrement, pour ne pas attendre 30 jours avant leurs suppressions définitives.
    Au-delà de l’effet spam, il est important également de se désabonner des newsletters que vous ne lisez pas, car non seulement vous économiserez du trafic et donc de la consommation de ressources, mais vous stockerez moins d’informations dans votre boîte mail, ce qui réduira la charge des serveurs.
  • Quant à la navigation en ligne, il est utile de taper directement l’adresse d’un site plutôt que de passer par un moteur de recherche. Si jamais la mémorisation des noms est problématique, l’outil marque-pages/favoris peut venir en aide.
  • Enfin, pour les développeurs web comme moi, je vous incite à faire de l’écoconception afin de réduire le temps de chargement des pages et donc l’énergie consommée, améliorant par la même occasion votre référencement.

Ces actions peuvent sembler dérisoires à l’échelle individuelle. Pourtant, si nous les multiplions par les milliards que nous sommes, la perception abyssale du problème nous frappera de plein fouet. Cela me fait penser à Greta Thunberg, cette jeune adolescente suédoise militante pour le climat qui est porteuse d’un message fort : « On n’est jamais trop petit pour faire la différence ».

Aleksander Brogowski
Aleksander Brogowski
Scribe développeur
Débordant d'énergie, je pars régulièrement en exploration dans la multiplicité des mondes. De la rencontre humaine aux sciences dures, une beauté insoupçonnée s'y cache. La comprendre, l'apprendre et vous dévoiler son secret en vulgarisant son accessibilité anime mes sens de joie.