Pas plus tard qu’en mai 2019, le gouvernement français organisait un sommet « Tech for Good » avec les géants américains du numérique à l’Élysée. Preuve en est que les mentalités changent. Les startups sociales tirent de plus en plus leur épingle du jeu avec des objectifs fondamentaux comme la lutte contre le chômage et la pauvreté, le réchauffement climatique, l’égalité des sexes et j’en passe. Fini la recherche de croissance à tout prix et de rentabilité à court terme, les projets de la Tech For Good se tournent vers un futur plus inclusif, respectueux de l’environnement et où personne n’est mis de côté.

C’est quoi la Tech For Good ?

Il s’agit d’un mouvement qui consiste à faire de l’innovation technologique un véritable levier de développement durable. Qu’il s’agisse de paix, de prospérité, de partenariats ou de bien-être pour la planète et ses peuples, la Tech For Good œuvre pour atteindre les17 objectifs généraux établis par les Nations Unies en vue de 2030. Elle rassemble tous les acteurs qui agissent dans cette optique au travers du digital et d’inventions diverses. Majoritairement constituée d’entrepreneurs et d’associations, elle regroupe également des chercheurs de tous horizons pour mener à bien des causes sociales ou écologiques. Parmi les 17 objectifs de l’ONU on retrouve notamment la lutte contre la faim et la pauvreté, l’accès à la santé, à l’eau potable, à l’emploi et à l’éducation, le recours aux énergies renouvelables, la réduction des inégalités, la problématique du changement climatique

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Là où une entreprise de Tech For Good se démarque d’une startup classique, c’est sur son business model qui n’est pas orienté vers l’obtention de bénéfices immédiats. Dans tous les cas, ces derniers sont utilisés pour maximiser l’impact positif sur la société.

À l’image du mouvement France Eco-Sociale Tech (FEST), la France compte parmi les pays les plus actifs en la matière. Découlant de l’association France Digitale, il a vu le jour en 2018 sous l’impulsion de nombreux investisseurs et entrepreneurs impliqués dans la Tech For Good. Bénéficiant d’un budget annuel de 200 000 euros, les actions de FEST ont pour but de mettre en lumière cet écosystème unique de développement technologique, tout en épaulant ses acteurs auprès des institutions publiques et privées. Il constitue aujourd’hui une communauté dynamique qui agit de concert pour faire évoluer les consciences et valoriser les bonnes pratiques qui nous conduiront vers un monde meilleur.

Innover pour aider son prochain… pas si bête !

Il y a plusieurs décennies, l’exemple à suivre était celui des grosses entreprises. Une success-story axée sur l’aspect financier qui perd petit à petit de son charme. Sous l’impulsion de la nouvelle génération, on aspire à revenir aux innovations utiles pour trouver des solutions pérennes à des problèmes de grande échelle. Baignés dès leur enfance dans la technologie, les jeunes ne la voient pas du même œil que leurs aînés. Un nouvel état d’esprit qui tend à une utilisation tournée vers un mouvement sociétal et des projets qui ont un impact positif sur le monde qui les entoure.

C’est de cette manière que de plus en plus d’innovations naissent du « pourquoi » plutôt que du « comment ». Une démarche entrepreneuriale synonyme de la Tech For Good détaillée par le conférencier britannique Simon Sinek dans une vidéo TedX comptabilisant plus de 10 millions de vues sur YouTube. Des réflexions qui font évoluer le pouvoir créatif des startups et dont les technologies doivent être accompagnées et soutenues dans leur développement.

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Malgré un financement encore difficile à obtenir pour certains, du fait d’objectifs de rentabilité élevés, la Tech For Good connait un engouement grandissant. Avec près de 4000 acteurs du mouvement recensés par FEST, les startups sociales vont se multiplier à l’avenir. Les entrepreneurs sont de plus en plus nombreux à s’impliquer dans une technologie axée dans les activités à impact.

Le mouvement continue de se structurer d’année en année à travers la planète. À l’image de la fondation Solar Impulse, des organismes voient le jour pour évaluer et labelliser le degré de positivité des projets proposés. Les gouvernements emboîtent le pas en promulguant des lois et des réglementations favorables à la création technologique pour le bien commun.

Et toi ? Tu fais quoi pour la planète et ses habitants ?

Avec leurs idées plein la tête, les startups bousculent les fondations et les associations. L’innovation technologique œuvre dorénavant pour le bien et déjà quelques pépites sortent du lot.

C’est le cas de Bob Emploi qui s’était notamment distingué lors du salon VivaTech en 2018. Issu de l’ONG Bayes Impact, créé par l’entrepreneur français Paul Duan en 2014, cet outil digital gratuit permet d’aider les chômeurs dans leur recherche d’emploi. La plateforme recueille dans un premier temps les informations de l’utilisateur et établit un diagnostic de la recherche à effectuer en fonction du profil. À l’aide d’algorithmes, de données et d’une grande connaissance du secteur, Bob Emploi prodigue des conseils précis et affûtés sur le CV, la lettre de motivation, le secteur le plus approprié et bien d’autres. Pour fournir des résultats de qualité, l’outil a été réalisé en collaboration avec Pôle Emploi et des experts du marché du travail.

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Depuis avril 2015, la société Cy-Clope œuvrait pour mettre en place la première filière de gestion du déchet de mégot de cigarette. Un objectif important au vu des milliards de mégots qui polluent la planète depuis des décennies. Après un partenariat avec l’entreprise Chimirec en 2017, ils ont permis la récupération et la valorisation de plus de 10 millions de mégots la même année et 100 millions en 2018. À l’aide de son mobilier de collecte, la startup envoie les mégots réunis aux filiales de Chimirec pour y être transformer en combustibles à fort pouvoir calorifique. La poudre obtenue est notamment réutilisée dans la fabrication de ciment. Pour 2019, ils visent le recyclage de 500 millions de mégots et le double pour 2020.

 

On pourrait citer de nombreuses entreprises Tech For Good. À commencer par Smiloh et sa brosse à dents écologique en bambou et charbon végétal, ou encore Hydrao et son pommeau de douche connecté permettant de contrôler sa consommation d’eau et d’énergie. On ajoutera également Leka, le robot qui aide les enfants autistes et trisomiques à mieux apprendre et communiquer à l’aide de stimulations sensorielles. Le niveau de positivité et d’utilité de ce type de technologies varie d’une innovation à l’autre, mais aucun doute que le mouvement va nous réserver bien d’autres surprises dans les prochaines années.

 

Qu’on l’appelle technologie pour le bien commun ou innovation sociale, la Tech For Good offre de nouvelles inspirations aux entrepreneurs de demain, ainsi qu’un espoir grandissant pour les générations à venir. Et si la réussite n’était plus liée à la taille de son compte en banque, mais à la quantité de gens que vous aidez ? On peut toujours rêver. Mais après tout, qui sait de quoi l’avenir sera fait !

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.