La fin du monde au bout du tunnel ?

Depuis des millénaires, l’homme n’a cessé d’accomplir de grandes choses et rien ne semble en mesure de l’arrêter. Les innovations successives ont élevé notre qualité de vie à un niveau que nous n’aurions jamais cru possible cent ans auparavant.

Bien sûr, chaque progrès connaît son lot de détracteurs. Même le chemin de fer en 1940 a vu d’éminents spécialistes mettre en garde les voyageurs des dégâts sur leur santé avec des trains atteignant la vitesse record de 60 km/h. Mais avec une pollution et des problèmes écologiques de plus en plus concrets, la multiplication des technologies renvoie à de nombreuses questions éthiques. Entre espoir et crainte, notre cœur balance et il en résulte une vision du futur pour le moins pessimiste.

Le cinéma s’est plus d’une fois emparé de nos peurs de l’avenir pour imager la terrible possibilité que nos technologies grandissantes marquent un jour notre fin. On est alors en droit de s’interroger, chacun dans son for intérieur, si tout est permis en matière d’innovation. Peut-on vraiment tout inventer ? Ou doit-on laisser certains concepts bien à l’abri dans la boîte de Pandore ?

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À travers la littérature, certains romans à cheval entre science-fiction et anticipation ont le mérite de mettre en garde contre les dérives de notre évolution. Majoritairement liés aux conséquences de la technologie, que ce soit sur le plan social, écologique ou politique, ils donnent vie à des sociétés futuristes absentes de toute notion de bonheur. Fantasmes ou sombres prémonitions ? Seul l’avenir nous le dira.

Dernier né de cette tendance, la trilogie le problème à trois corps de l’auteur chinois Liu Cixin a été traduite en 16 langues. Ce succès planétaire met en scène un groupe de citoyens qui ont perdu foi en l’humanité et se rangent du côté des extraterrestres pour envahir la Terre dans un futur lointain. Entre invention technologique et réalité virtuelle, les personnages vont petit à petit se sentir étrangers à un monde qui n’a que trop changé. Vous pourrez bientôt vous faire votre propre avis sur la question, car il devrait être prochainement adapté à la télévision.

Technologie : entre amour et addiction, il n’y a qu’un pas

Le problème viendrait-il de là ? Depuis toujours, l’homme ne se satisfait jamais de ce qu’il possède. Il en veut toujours plus. L’intérêt envers les technologies se mue en une véritable addiction pour nombre d’entre nous. Le constat est sans appel : difficile d’être objectif lorsque l’on est accro.

Rien qu’en France, nous passons 4 heures en moyenne devant un écran. Aujourd’hui, il s’agit du smartphone, mais qui sait ce que nous réserve demain ? Les innovations se multiplient à vitesse grand V et suscitent un engouement jusqu’alors inégalé. Les objets connectés s’arrachent comme des petits pains et s’immiscent au cœur même de notre quotidien. Toutes ces technologies comblent notre soif inextinguible de confort et créent sans cesse de nouveaux besoins. Dans ce contexte, nos craintes se confrontent à nos envies sans pour autant prendre le dessus. Car après tout, pourquoi se torturer pour ce qui n’arrivera peut-être jamais…

« Sarah Connor présidente ! »

Si une technologie est assombrie par une peur rémanente, c’est bien l’intelligence artificielle. Elle facilite notre vie autant qu’elle l’envahit depuis quelques années, mais jette un froid sur les limites de son évolution.

Figure de la Tech mondiale, Elon Musk a plusieurs fois averti la population sur la nécessité de mieux contrôler les avancées en matière d’IA. Selon lui une régulation préventive est essentielle pour agir avant qu’il ne soit trop tard. Il n’est d’ailleurs pas le seul à monter au créneau. Bill Gates et le physicien Stephen Hawking se sont manifestés pour sensibiliser l’opinion publique sur le sujet. Ce dernier tire la sonnette d’alarme sur les dangers qui nous guettent : « J’ai peur que quelqu’un puisse concevoir une IA qui peut s’améliorer et se reproduire. Ce serait une nouvelle forme de vie capable de surpasser les humains ».

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Un futur dominé par les robots se profilerait-il à l’horizon ? Rien n’est moins sûr. Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser à Terminator et ses êtres synthétiques doués de réflexion lancés à la poursuite de Sarah Connor. Les similitudes font froid dans le dos. Nous vivons à une époque où l’intelligence artificielle se démocratise, où les robots sont de plus en plus autonomes et fidèles à notre image. Est-il temps de dire stop avant de se voir transformé en produits de culture pour machines comme dans Matrix ?

Jour après jour, on s’extasie devant le nouveau gadget connecté du moment, avide de le posséder. Parallèlement, on s’indigne des brèches de sécurité que ces mêmes objets occasionnent dans notre vie privée. Tandis que l’on s’interroge sur notre bien-être quotidien, reste à espérer qu’aucune machine zélée ne décide soudainement de nous considérer comme quantité négligeable.

 

Les films et romans de science-fiction ont nourri notre esprit depuis l’enfance. Tant et si bien qu’ils restent bien rangés dans notre subconscient au sein de la rubrique « histoires improbables ». Un réflexe bien moins inquiétant que de spéculer sur l’avenir au vu des similitudes entre les technologies imaginées des années plus tôt et celles que nous côtoyons aujourd’hui. Le progrès est séduisant. Il permet à l’humanité d’atteindre des sommets. Mais à force de repousser toujours plus loin les limites du possible, comment savoir celles qu’il ne faut pas dépasser ? Quant à ce qui nous attend au-delà, espérons que la technologie nous réserve plus de bonnes choses que de mauvaises.  

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.