Qui n’a jamais rêvé de découvrir des ruines archéologiques et d’être le premier depuis des millénaires à fouler les vestiges de civilisations disparues ? C’est peut-être ma soif d’aventure refoulée qui parle, mais il faut bien avouer que la technologie Lidar offre de formidables possibilités. Même s’il va falloir patienter un moment avant de voir cette technologie à la portée de tous, je ne perds pas espoir. Au cas où, mon sac à dos est prêt avec tout le nécessaire pour survivre en milieu hostile. Ruines et trésors cachés du monde entier, me voilà !

C’est quoi un Lidar ?

Commençons par un petit peu de sciences. Existant depuis 1962, un Lidar est un système optoélectronique. Voilà qui ne nous aide pas beaucoup. Pour être plus clair, il regroupe un émetteur laser, un récepteur avec bloc optique pour collecter la lumière et un photodétecteur dont le rôle est de transformer cette lumière en signal électrique. Enfin, pour interpréter les informations à grand coup d’algorithmes, il est relié à une chaîne électronique qui traite le signal.

La technologie Lidar fut créée afin de cartographier la lune, mais c’est d’abord dans l’industrie automobile qu’elle est réapparue ces dernières années. Elle s’avère indispensable pour garantir la sécurité des véhicules autonomes. En effet, à l’aide de son faisceau laser, le Lidar balaye son environnement et analyse la lumière réfléchie par les éléments qui l’entourent. En réalisant un nombre impressionnant de calculs à la seconde, il est capable de détecter les obstacles, d’en déterminer la distance ainsi que le temps avant un choc éventuel. Une technologie qui ne fait pas l’unanimité dans le domaine, Elon Musk en tête a donné un avis bien tranché : « Utiliser des optiques actives comme le Lidar, incapable de lire des panneaux de signalisation, n’a aucun sens. » Pas sûr que le conducteur de la Tesla accidentée soit d’accord…

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Mais le guidage des véhicules du futur est loin de faire naître en nous l’engouement d’une découverte historique. Heureusement, le Lidar se distingue plus récemment en matière d’archéologie à travers son utilité première, la cartographie. Installé sur un avion et couplé avec un GPS de haute précision, il fournit toutes les données nécessaires pour établir un plan en trois dimensions. Il va même plus loin en détectant également ce qui se cache sous la surface du sol. Le spécialiste américain d’archéologie Michael E. Smith vantait récemment les qualités du Lidar : « Cette technologie de télédétection aéroportée permet une cartographie détaillée de la surface de la Terre à une échelle très fine. Elle est de loin supérieure aux formes précédentes de cartographie par satellite, car le Lidar peut pénétrer dans la végétation dense. »

Malgré un coût élevé et les interdictions de survol de certaines zones, il pourrait bien aider les archéologues à percer les mystères de grandes civilisations tropicales à travers le monde. De trop nombreuses questions restent encore en suspens sur le mode de vie de ces peuples. Le Lidar apportera peut-être enfin les réponses sur les raisons de leur déclin.

Et si sous votre jardin reposaient les ruines d’une cité antique

Bien sûr, le Lidar ne remplace pas le travail des historiens sur le terrain. Il travaille en amont pour découvrir l’emplacement exact de vestiges du passé. Accompagné de son équipe, l’archéologue Damian Evans a cartographié près de 2 230 km — de la jungle cambodgienne grâce à la technologie Lidar entre 2012 et 2015. Une prouesse qui aurait pu prendre une vie entière à parcourir la région de long en large. Ils n’ont certes pas sélectionné cette zone par hasard et cela implique un long travail de recherches. Mais avec une remarquable précision, ils ont pu découvrir sous plusieurs mètres de terre des cités médiévales aux dimensions monumentales, des temples de pierre colossaux et de nombreux vestiges témoignant d’une ancienne culture khmère. En plus de faciliter la localisation de sites historiques, la détection Lidar permet d’améliorer considérablement la compréhension des civilisations du passé, tout comme l’impact des changements environnementaux. Allez savoir ce qui se cache sous vos pieds !

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Je ne sais pas vous, mais à voir toutes ses découvertes, je sens monter en moi une envie d’exploration qui me chatouille la plante des pieds. C’est d’ailleurs le cas de la communauté d’archéologie, très excitée par les exploits du Lidar. Même avec la végétation, les lasers sont capables de passer outre, notamment dans les pays les plus exotiques.

C’est ainsi qu’en février 2018, une couverture Lidar de 140 km — a mis à jour une cité à Naachtun dans la partie septentrionale du Guatemala. Avec 12 000 structures de différentes périodes étendues sur un territoire 70 fois supérieur à la zone prévue, il s’agit d’une découverte archéologique majeure. Selon Philippe Nondeneo et Dominique Michelet, les responsables du projet : « En comparaison aux autres sites mayas ayant profité de la technologie Lidar, Naachtun, par sa densité de structures, est comparable à la grande Tikal ». Avec de tels résultats, nul doute que la détection Lidar nous réserve encore de belles surprises dans les années à venir.

 

Si comme moi, vous avez des envies d’exploration à la Tomb Raider plein la tête, le Lidar s’impose comme la solution pour savoir où chercher. Car aussi stimulantes soient les images recueillies, l’archéologue de terrain reste indispensable pour déterminer la nature réelle du repérage. Vous pouvez donc récupérer le borsalino au grenier, il risque d’avoir encore son utilité ! Surtout que la technologie Lidar installée sur des drones pourrait bientôt voir son prix devenir plus abordable.

 

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.